La start up, une belle image écornée par le grand groupe

« Quand on est une start up, on a parfois l'impression de venir divertir. C'est l'après-midi innovation, le moment de détente. Ben non ! Qui dit collaboration start up-grand groupe, dit business, contrat, délais de paiement… Je ne suis pas là pour divertir les équipes opérationnelles », défend Jade Francine, co-fondatrice de la start up française WeMaintain.

Celle-ci réagissait, le 25 avril dernier, à la présentation des résultats du baromètre sur les relations entre start up et grand groupe, réalisé par le Village by CA et Cap Gemini.

Parmi les enseignements de cette enquête, l'on découvrait que, outre de servir parfois à divertir les opérationnels, faire appel à une start up est, pour une majorité de grands comptes (55%), l'occasion d'améliorer leur image, redorer leur marque employeur.

Une manière, heureusement, de gagner sur tous les tableaux, puisque la principale attente en termes de gain reste quand même d'améliorer l'expérience utilisateur grâce à la solution de la start up (73%).

Une relation déséquilibrée

Cet intérêt ne semble cependant pas assez fort pour imposer de vraiment bonnes conditions de collaboration entre les deux acteurs.

Ainsi, 54 % des start up estiment que la relation avec les grands groupes est déséquilibrée. Une situation qui semble s'être dégradée, puisque, en 2018, ce taux n'était que de 31 %.

Une insatisfaction que l'on retrouve notamment sur le sujet de la rapidité, les start up estimant lent ou très lent le processus entre la prise de contact et la prise de décision (84 %, +18% par rapport à 2018), les délais d'exécution (77%) et ceux de paiement (80 %, + 25%).

Commentant ces résultats, Seddik Jamai, de Cap Gemini Invent, y voyait un tournant. « Jusqu'à présent, expliquait-il, on avait l'habitude de voir des grands groupes très exigeants avec les start up. Cette année, on voit plutôt des start up exigeantes avec les grands groupes. »

Quant à Jade Francine, elle relativisait les efforts faits par les grands groupes pour améliorer les choses, citant l'exemple de l'un d'entre eux, qui avait mis 8 mois et demi pour simplement référencer sa start up, contre 1 an et demi d'habitude.

« Je devrais m'estimer satisfaite ?, s'étonnait-elle. Mais 8 mois et demi, c'est énorme, c'est la moitié de l'existence de ma start up. C'est même absurde, insistait-elle, quand on voit les cycles de développement des start up aux Etats-Unis ou en Chine, où ça va beaucoup plus vite. En 8 mois, cinq concurrents de ma start up ont le temps de se monter aux Etats-Unis », soulignait-elle.

Des contraintes vitales qui justifient à l'évidence de se montrer davantage exigeants, face à des grands groupes qui n'ont visiblement pas encore pris la juste mesure des impératifs des start up.

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