L'attrait du télétravail se confirme après le confinement

Avec l'arrivée du déconfinement, l'heure est au premier bilan du travail à distance mis en place en toute urgence et de manière contrainte. Cette semaine, de nombreux sondages se sont ainsi livrés à l'exercice.

Comment les salariés en télétravail forcé ont-ils vécu cette période ? Bien pour une grande majorité d'entre eux (73,2%), révèle une enquête menée par Diffusis France pour l'éditeur Sparkup.

Ces salariés se sont-ils sentis impliqués dans la vie de leur entreprise ? « Tout à fait », répondent-ils à 64,8 %. Détail intéressant, alors que plus de la moitié des répondants (50,8%) estiment n'avoir pas du tout été écoutés par leur manager, ils sont 27,7 % à avoir l'impression d'avoir été, au contraire, davantage écoutés que d'habitude.

Une part importante (41,5%) estime cependant n'avoir pas du tout pu s'exprimer pendant cette période de crise et 33,8 % seulement un peu.

De son côté, un sondage réalisé par l'Anact (Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail) révèle que 48 % des interrogés a ressenti une moindre efficacité au travail. Un sentiment prédominant chez ceux pour qui ne pratiquait pas le télétravail jusque-là.

Enfin, l'agence note aussi que 50 % des répondants se sont sentis davantage fatigués qu'à l'accoutumée, particulièrement les femmes et les managers, mais sans lien avec la charge de travail perçue. En revanche, 45 % ont quand même eu le sentiment de travailler plus que d'ordinaire, une proportion importante de managers étant dans ce cas.

Les jeunes salariés moins emballés

Choose My Company, la plate-forme d'avis sur les entreprises, s'est, elle, notamment intéressée à l'appétence pour le télétravail à l'issue du confinement.

Son sondage montre que 71 % des personnes ayant pratiqué le télétravail pour la première fois avec cette crise le jugent positif. Par ailleurs, les plus conquis se révèlent être les managers, avec un taux de satisfaction de 84 %, contre 75,5 % des managés.

Dans le détail, les pro-télétravail se comptent beaucoup parmi les fonctions marketing et communication, qui y voient une pratique « créatrice de convivialité », et chez les salariés ayant plus de 30 ans d'expérience professionnelle.

A l'inverse, et peut-être contre toute attente, l'on trouve du côté des moins emballés surtout les Millenials, des collaborateurs ayant moins de 5 ans d'expérience, qui ne sont que 62 % à apprécier ce mode de travail.

« Pour ces débutants dans la vie professionnelle, le besoin de soutien managérial et de lien communautaire avec leurs pairs ne peut être satisfait à distance », analyse Choose My Company.

Mais de manière majoritaire (74%), les salariés interrogés souhaiteraient que le télétravail perdure après la crise. Une volonté exprimée, dans le sondage de l'Anact, par 78 % de ceux qui ne l'avaient jamais pratiqué.

Reste que, comme le montre l'enquête Diffusis France-Sparkup, une majorité des salariés (54,7%) sont heureux de retourner au travail et 34% tout de même moyennement heureux.

Et si 73,8 % sondés désirent être à l'avenir davantage en télétravail, les ambitions restent majoritaiement modestes, 45,6 % souhaitant obtenir une journée par semaine et 30,9 % 2 journées.

Les partisans du tout-télétravail ne sont, eux, que 1,5 %. De ce point de vue, l'expérience du confinement n'aura pas changé la donne. En mai 2019, sur la population des personnes travaillant en bureau, le baromètre Actineo montrait déjà que seulement 10 % d'entre eux souhaitaient être en tout-télétravail.

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