L'avenir de Twitter toujours plus flou

Achètera, achètera pas ? Depuis qu'Elon Musk a dévoilé sa volonté d'acquérir Twitter pour 43 Md$, jeudi dernier, les spéculations vont bon train. Les investisseurs eux, ont voté.

Alors que le tombeur de Jeff Bezos comme personne la plus riche du monde proposait une prime de 18 % sur le prix d'une action, le cours de celle-ci perdait 1,7 % en bourse.

Le monde de la finance est désormais habitué aux prises de position fracassantes d'Elon Musk à grands renforts de battages médiatiques, sur Twitter justement, et à ses revirements complets tout aussi brusques.

Du côté du réseau social, en attendant d'étudier l'offre, on vient en revanche de se protéger de toute prise de contrôle inamicale grâce à une « pillule empoisonnée ».

Si Elon Musk atteignait 15 % du capital, les autres actionnaires pourraient acheter des actions à coût réduit. La capitalisation augmenterait en conséquence et l'acquéreur hostile devrait ainsi débourser beaucoup plus pour parvenir à ses fins.

Bien qu'ils ne croient généralement guère au deal, les investisseurs sont néanmoins inquiets. « Nous partageons l'avis de M. Musk que Twitter est une plate-forme sous-monétisée, explique l'un d'eux au site financier CNBC. Mais nous attendons du conseil d'administration et des actionnaires qu'ils résistent à cette offre en raison de la rupture qu'elle implique sur le plan philosophique », avertit-il.

Changement radical

Les investisseurs ne sont pas les seuls inquiets. Les salariés aussi. Mais également tous les professionnels du marketing et de la publicité.

Lors d'un TEDx à Vancouver le jour de l'annonce de son OPA, le patron de Tesla a livré des informations sur ce qu'il comptait faire de Twitter et, si tout semble en réalité assez flou, les quelques lignes de force qui ressortent augurent d'un changement radical pour le réseau social.

Brandissant l'étendard de la liberté d'expression, qu'il reproche à Twitter de bafouer, Elon Musk veut, par exemple, alléger les règles de modération. « Je pense que nous devons être très réticents à supprimer des choses et très prudents avec les interdictions permanentes », explique-t-il.

Une position qui fait au contraire craindre que le réseau social ne se transforme en lieu généralisé de désinformation et de discours de haine. Avec à la clé une fuite des annonceurs, soucieux de préserver leur image de marque.

Sous prétexte d'éviter les manipulations dans la promotion des contenus, Elon Musk veut également que l'algorithme du réseau social devienne open source, pour le rendre transparent à tous. Mais les spécialistes des médias sociaux voient, eux, dans cette ouverture, précisément la capacité pour quiconque d'intervenir sur l'algorithme pour manipuler la diffusion du contenu.

Quant à la possibilité évoquée précédemment par le patron de Tesla de rompre avec le modèle fondé sur la publicité, au prétexte qu'il soumet la politique de Twitter aux entreprises, elle fait craindre le passage à un modèle payant qui ferait chuter l'audience du réseau social et le volume de conversations.

Le conseil d'administration de Twitter se réunit ce mardi pour étudier l'offre d'Elon Musk. Un fonds d'investissement l'aurait aussi approché pour monter une offre de rachat alternative à celle du milliardaire.

A Vancouver, ce dernier a lui annoncé qu'en cas de refus il avait un plan B. Sauf accord surprise ou brusque revirement d'Elon Musk, l'incertitude sur le devenir de Twitter devrait donc perdurer.

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