Le Cigref fâche les éditeurs français du 2.0

Il est passé où le F de Cigref ? Le Club informatique des grandes entreprises françaises, rebaptisé Réseau de grandes entreprises, a déclenché l'ire des éditeurs français du 2.0. En cause, le choix de Clearvale, de Broadvision, comme réseau social d'entreprise pour outiller les échanges entre les 130 représentants des sociétés adhérentes.

Plusieurs jours après l'annonce par 01net, la pilule ne passe toujours pas. Plusieurs griefs sont faits au Cigref.

Le premier tient à la forme. Aucun des spécialistes locaux n'a été consulté. Le domaine des logiciels sociaux est pourtant un domaine où l'industrie logicielle française se montre dynamique et performante avec des éditeurs comme Azendoo, blueKiwi (repris par Atos), Jalios, Jamespot, Knowings, Knowledge Plaza, SeeMy, talkSpirit, Yoolink, XWiki...

Les ignorer relève du tour de force quand on sait que leurs solutions sont en place dans de nombreux grands comptes faisant partie du Cigref : Total, l'Oréal, Renault, BNP Paribas, Crédit Agricole, GDF Suez, Lagardère, La Poste, Lyonnaise des Eaux, RATP, Auchan...

Des logiciels qui n'ont rien à envier à ceux des spécialistes américains

Certes, il s'agit souvent de déploiements ciblés, pilotés par un métier ou une entité, mais les retours sont positifs et ces outils ont fait la preuve de leur efficacité.

D'ailleurs, si on se réfère à la dernière étude de Lecko consacrée aux réseaux sociaux d'entreprise, plusieurs des logiciels français figurent dans le carré Intelligence collective, qui sanctionne une double compétence conversationnelle et relationnelle.

Le choix de Clearvale, solution intéressante par ailleurs, paraît dès lors étonnante, même si son modèle tarifaire est avantageux. L'éditeur ne facture que les utilisateurs actifs sur le réseau. Le Cigref aurait pu, a minima, placer les éditeurs en situation de concurrence.

On peut ajouter - comble de l'ironie - que parmi les membres du Cigref figure Oseo, dont la mission consiste à financer l'innovation et la croissance des jeunes pousses françaises.

Ce qui amène un second reproche, sur le fond cette fois. A l'heure où l'importance de l'économie numérique est reconnue comme un moteur de croissance et un générateur d'emplois, comment ne pas privilégier l'écosystème local, à commencer par les éditeurs ?

Aider à faire grandir les éditeurs locaux

Les mécanismes d'aide à l'industrie logicielle portent leurs fruits. Des éditeurs se sont félicités publiquement des bienfaits des mécanismes tels que le Crédit impôt recherche ou le statut de Jeune entreprise innovante.

La difficulté à laquelle sont confrontés les éditeurs est liée à la seconde étape de leur développement. Celle qui viendrait de commandes publiques mais également de grands groupes privés. Et l'on en revient à la demande récurrente d'un Small Business Act européen (voir à ce sujet le billet sur le blog de XWiki).

Si les éditeurs français du 2.0 ne décolèrent pas après le Cigref, c'est qu'il ne s'agit pas d'une association comme une autre en raison de son poids dans l'opinion et des membres qui le composent.

Il aurait pu contribuer à faire évoluer les solutions locales en remontant les attentes des grandes comptes et combattre une idée reçue qui veut qu'en matière de logiciels il soit préférable, plus rassurant d'opter pour le « made in USA ».

Mercredi 31 octobre, un collectif de 9 éditeurs a adressé une lettre ouverte au Cigref. Son contenu peut être consulté sur le blog de Jamespot

Promo Newsletter