Le Knowledge Graph de Google, une bonne idée en entreprise

La baisse de trafic de Wikipedia serait imputable au Knowledge Graph de Google. C'est l'hypothèse que reprend à son compte Olivier Andrieu, spécialiste des moteurs de recherche et du référencement, dans un billet publié cette semaine sur son blog Abondance. 

En s'appuyant sur un réseau sémantique contenant plus de 500 millions d'objets et 18 milliards de faits et relations entre ces objets, le moteur de recherche est capable de présenter dans la page de résultats une mini-fiche synthétique pour les requêtes concernant une personnalité, une société, une marque, un lieu... 

Du coup, il n'est plus indispensable de parcourir systématiquement la traditionnelle liste de liens pour connaître la population d'une ville, la date de création d'une entreprise, la filmographie d'un réalisateur... Ce dont pâtit aujourd'hui Wikipedia et qui soulève plus globalement des questions sur les relations entre Google et les sources qu'il indexe. 

Indépendamment de ces considérations, du point de vue de l'internaute, c'est tout bénéfice. Il accède plus rapidement à l'information. L'intranaute pourrait espérer le même service dans son entreprise. Après tout, l'extraction d'entités nommées a été proposée par les les moteurs de recherche d'entreprise bien avant que le géant du web commence à s'y intéresser. 

Elle sert jusqu'à présent à mettre en place des facettes pour filtrer les résultats. L'étape suivante consiste à lier ces données entre elles pour être en mesure de présenter des réponses aux requêtes et non plus des documents contenant les réponses. 

C'est la promesse du Linked Data que promeut, entre autres, l'éditeur Antidot (voir à ce sujet le compte-rendu du colloque qui avait été organisée à Lyon par l'ADBS en novembre 2012). Autre spécialiste de la recherche en entreprise, l'éditeur Sinequa confirme qu'il est de plus en plus souvent challengé sur la présentation des résultats. Les entreprises se contentent de moins en moins souvent d'une liste de liens.

A l'heure où de nombreux projets de fédération de recherche en entreprise sont menés avec comme mot d'ordre «  mettre en place un Google interne », on a envie de dire chiche ! 

L'effet indirect risque d'être une consultation moindre des applications sources, ce qui obligera à revoir les critères d'évaluation de leur intérêt. Ce dernier ne pourra plus être mesuré en fonction du nombre de visites ou de pages vues. C'est tout le mal qu'on souhaite à ces projets. 

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