Le leadership, un truc de mec, les start up, un truc de vieux

Etonnant résultat que nous livre la cabinet de conseil suédois Universum, spécialisé dans la marque employeur, à travers la troisième édition de son palmarès sur l'attractivité des entreprises.

Après avoir interrogé 27000 personnes, pour environ la moitié des étudiants de grandes écoles de commerce et d'ingénieur, puis pour l'autre moitié des cadres issus des mêmes écoles, l'enquête révèle que les étudiants rêvent de travailler dans de grandes structures tandis que plus les cadres sont expérimentés plus ils sont attirés par des structures plus petites.

« Les plus jeunes sont attirés par les marques et les environnements structurés où ils se sentiront soutenus, entourés et formés et auront des opportunités à l’international. Les plus expérimentés, quant à eux, veulent avoir du poids dans l’organisation et sont ainsi les plus attirés par les petites structures, synonymes de responsabilités et d’autonomie », détaillent les auteurs de l'étude.

En termes d'objectifs de carrière, la volonté d'être autonome ou indépendant croît ainsi régulièrement au fil de l'expérience pour plus que doubler entre les étudiants et les cadres ayant 9 ans ou plus d'expérience. A l'inverse, le souhait d'avoir la sécurité de l'emploi et une stabilité professionnelle et celui de mener une carrière à l'international décroissent entre les étudiants et les plus expérimentés.

Une situation que confirme le palmarès Universum, à travers la place occupée par des PME comme Michel et Augustin ou Blablacar : respectivement 5e et 9e dans le classement des cadres issus des écoles de commerce, elles plongent à la 16e et 29e places chez les étudiants des mêmes écoles.

Autre différence, à mesure que l'expérience croît, plus le respect des employés et le travail d'équipe prennent de l'importance comme critère d'attractivité. En revanche, la volonté d'être un leader ou diriger une équipe, elle, est supérieure chez les étudiants que chez les cadres. « Les étudiants ont souvent une image préconçue du management dans leurs écoles, et se rendent compte des réels tenants et aboutissants une fois en entreprise », notent les auteurs de l'étude.

Les femmes en quête d'un cadre de travail épanouissant

L'autre grand résultat de l'enquête Universum concerne justement cette volonté de leadership, mais à travers les différences d'aspiration entre les hommes et les femmes cadres. Ainsi, les premiers sont 39 % à se fixer comme objectif de carrière d'être un leader ou de diriger une équipe, contre 25 % pour les femmes. Une aspiration que l'on retrouve en neuvième position dans le Top 10 des critères d'attractivité des hommes mais qui disparaît de celui des femmes.

« Les femmes cherchent à travailler dans une entreprise où elles pourront s’épanouir. L’ambiance de travail agréable est leur premier critère d’attractivité dans la recherche d’un employeur (choisi par 58% d’entre elles) et elles accordent beaucoup d’importance à leur environnement de travail », soulignent les auteurs de l'étude.

Quant aux hommes, ils sont beaucoup plus dans la recherche du challenge et de l’accomplissement par la rémunération et le leadership. « Avoir une bonne ambiance de travail reste un critère essentiel pour plus de la moitié des hommes, notent les auteurs de l'étude. Néanmoins, le défi intellectuel, diriger une équipe et avoir un esprit entrepreneur ou créatif leur importent plus que la quête de sens. »

En dépit de cette différence, l'enquête montre néanmoins que l'ensemble des cadres aspirent à trouver du sens dans leur travail. Une aspiration qui progresse un peu plus chaque année. Même si elle est davantage portée par les femmes, qui semblent ainsi montrer la voie.

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