Le Millenial, un salarié comme les autres

Les Millenials, il y a ceux qui les ont vu, et il y a ceux qui ne les voient pas. Enfin, qui ne voient pas la différence avec les autres générations. C'est le constat que l'on peut dresser quand on enquête au sein des entreprises.

Il y a toujours un opérationnel pour vous parler de ces jeunes recrues à la recherche de sens au travail, exigeant de connaître le pourquoi d'une décision avant de l'exécuter, prêt à tout plaquer du jour au lendemain faute d'avoir satisfaction, voire de ne pas retrouver au travail les outils numériques qui rythment sa vie privée au quotidien.

Et puis il y a toujours un opérationnel, ailleurs, qui trouve sans doute la question un peu convenue mais répond quand même, poliment, que non, cet oiseau-là, il ne l'a pas vu. Précisant même, parfois, vous devinant, que les jeunes recrues ne sont pas les plus promptes à s'emparer des outils numériques au travail.

Une chose est cependant sûre, le concept de Millenials (ou de génération Y ou de digital native) connaît un franc succès dans les discours marketing, où l'on promet tous les malheurs du monde à ceux qui n'auraient pas encore songé à tout faire pour apprendre à manager cette nouvelle génération si authentique et imprévisible.

Plus on vieillit, plus on est Y

Dans la réalité, il semble néanmoins que les choses ne sont pas ce qu'elles peuvent paraître parfois à force de les répéter. C'est ce que montre une étude menée par OpinionWay auprès d'un échantillon représentatif de 2253 salariés français, pour le compte d'Horoquartz.

« Que ce soit pour l’importance accordée au travail, l’équilibre vie privée-vie personnelle, le sens du travail, la « docilité » à exécuter les tâches et les missions, l’appréciation de l’employeur, l’autonomie dans le travail, le développement des compétences : sur tous ces points, les écarts de perception entre les générations se situent dans des valeurs étonnamment faibles, de l’ordre de 5 points et parfois dans le sens opposé à la croyance générale », concluent ainsi les auteurs de l'enquête.

Si 95 % des moins de 30 ans sont effectivement en quête de sens dans le travail, par exemple, les autres tranches d'âge atteignent des chiffres équivalents, entre 91 % pour les 30-39 ans et 95 % pour les 60 ans et plus.

« Dociles », les baby-boomers ? Pas plus que les Millenials. 67 % des salariés français déclarent ainsi exécuter leur mission mais en souhaitant au préalable en connaître la finalité. Et ce sont même les moins de 30 ans qui, ici, sont en réalité à la remorque, avec un taux de 61 %, contre 67 % pour les 30-39 ans, 71 % pour les 40-49 ans, 69 % pour 50-59 ans et 76 % pour les 60 ans et plus. Autrement dit, plus on vieillit, plus on devient Y (Why).

Quant à l'autonomie dans le travail, la souplesse dans l'organisation, la délégation, là, encore, elles font l'unanimité dans toutes les tranches d'âge.

Bref, voilà qui ne va pas simplifier les choses pour les acteurs qui ont fait leur fer de lance du thème des Millenials. Mais pour les entreprises, c'est plutôt une bonne nouvelle, qui devrait simplifier leur tâche si elles souhaitent répondre aux aspirations de leurs salariés, présents et futurs, même si elles devront toujours gérer les exceptions.

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