Le mobile, la nouvelle solution métier miracle

En entreprise, le mobile a d'abord été une histoire de « cols bleus », avec les chauffeurs-livreurs et les techniciens de maintenance sur le devant de la scène. Depuis, le développement des usages mobiles et la tendance à la consumérisation de l'informatique ont, bien sûr, élargi de manière considérable le paysage. « Aujourd'hui que tout le monde a un smartphone dans la main, les entreprises regorgent d'idées d'usages pertinents pour leurs métiers », m'indiquait récemment un acteur du domaine.

Vont-elles jusqu'à se doter en interne des compétences en conception et développement centrés utilisateur (UX), sur lesquelles repose en général le succès des applications mobiles grand public ? Pas encore vraiment, semble-t-il. Si les UX Designers font leur entrée dans les services chargés des interfaces web ou mobiles destinées aux clients, leur présence est plutôt rare quand il s'agit d'outiller les collaborateurs.

Mais les méthodes de l'UX ne restent pas pour autant à la porte. Dans le domaine métier, c'est souvent via un prestataire spécialisé intégré dans le projet de conception qu'elles font leur entrée. Quand ce n'est pas de manière indirecte, tout bonnement via l'adoption d'une solution externe qui, elle, a bénéficié de cette approche.

Le mirage de l'usage répandu

« Le mobile est un enjeu pour tout le monde », constatait, de son côté, un éditeur de solution d'innovation participative dans une interview à Collaboratif-info. Il nous indiquait que 30 % de ses utilisateurs passaient par un smartphone et 18 % par une tablette. Raison pour laquelle il préférait proposer une version native de sa solution plutôt que web, afin de préserver l'expérience d'utilisation propre à chaque système, expliquait-il.

Il arrive cependant que le mobile subisse le sort de ces technologies dont on surestime les capacités. Que son usage soit largement répandu et que la conception de l'application soit réalisée aux petits oignons ne préjuge pas, en effet, du résultat final en termes d'adoption.

C'est particulièrement vrai lorsque l'application en question nécessite un minimum d'engagement de la part de l'utilisateur, comme c'est le cas d'une solution d'innovation participative, pour reprendre cet exemple.

« Penser que l'usage de cette dernière va se répandre dans l'entreprise simplement grâce à sa version mobile, c'est faire fausse route, remarque ainsi un spécialiste du design. Dans ce cas, il ne suffit pas que l'application soit bien construite, c'est tout un design de services qu'il faut mettre en place, autour de la démarche d'innovation participative elle-même. »

A défaut de voir plus loin que le smartphone dans la main, mieux vaut donc croire fermement aux miracles. Et à la fatalité.

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