Le numérique, positif quand les salariés s'en mêlent

Les outils de communication (e-mail, messagerie instantanée) et de gestion financière figurent en tête de ceux les plus déployés. Les premiers équipent 99,1 % des entreprises de 10 salariés et plus et 91,9 % de celles de moins de 10 salariés.

C'est ce que montre une étude réalisée par la chaire Digitalisation et innovation dans les organisations et les territoires de l'EM Normandie, sur la base d'une enquête de l’Observatoire des transformations numériques menée auprès de 2 046 entreprises normandes.

En troisième position, viennent les différentes solutions de collaboration, dont une entreprise de 10 salariés et plus sur deux est notamment équipée : visio ou web conférence (57,6%), outils de travail collaboratif (53%), stockage et gestion de document en ligne (44,7%).

Dans les entreprises plus petites, l'adoption est cependant plus de deux fois moindre pour les deux premières catégories d'outils (26,1 % et 20,1%). La gestion documentaire en ligne s'en sort mieux, à 29,8 %.

Dans la famille collaboration, seuls les outils de gestion de projet (Trello, Slack, Jira, Monday, etc.) ne tirent pas leur épingle du jeu. Ils arrivent en fin de classement des outils numériques, équipant 10,3 % des entreprises de 10 salariés et plus et 4,9 % des autres.

Impacts variables

Disposer d'outils numériques ne signifie cependant pas que leur impact soit perçu comme positif. De fait, lorsqu'on demande aux interrogés de noter cet impact entre -2 (très négatif) et +2 (très positif), l'appréciation se révèle certes positive, mais avec des notes très variables en fonction des sujets et sans jamais dépasser un score de 1, sur un maximum de 2.

Dans les entreprises de plus de 10 salariés, par exemple, les principaux impacts positifs concernent la circulation de l'information avec les partenaires (0,92), l'organisation et les méthodes de travail (0,91) et la visibilité de l'entreprise (0,86).

En dépit du déploiement d'outils collaboratifs, l'impact sur le suivi de l'information interne n'obtient, lui, que 0,76. Mais il est logé à meilleure enseigne que la qualité de vie au travail (0,58), la culture d'entreprise (0,55) ou, dernière au classement, la gestion des ressources humaines (0,49).

De cette mesure d'impact, les auteurs de l'étude tirent cependant aussi deux enseignements. Le premier est que l'impact ressenti est supérieur lorsque l'entreprise a adopté un schéma précis de transformation numérique, en ayant une vision globale incluant toutes les fonctions de l’entreprise et des objectifs clairs.

Dans ce cas, l'impact sur l'organisation et les méthodes de travail, par exemple, obtient un score de 1,09, contre 0,72 dans les entreprises intégrant le numérique au coup par coup. « Malheureusement, pour 77,6 % des entreprises répondantes, l’intégration du numérique se fait sans réflexion préalable », note l'étude.

Second enseignement, l'impact du numérique est aussi plus important quand l'intégration de ce dernier est portée par les salariés. Toujours sur le plan de l'organisation du travail, l'impact obtient un score de 1, contre 0,78 dans les entreprises où cette intégration est portée par les dirigeants.

Le constat vaut même pour l'évolution de la stratégie de l'entreprise, avec un score de 0,69 dans le premier cas, contre 0,49 dans le second…

Des résultats qui devraient inciter à mieux intégrer les salariés dans la réflexion sur la transformation numérique, estiment les auteurs de l'étude. Une matière à réflexion pour 80 % des entreprises, où celle-ci reste portée par les dirigeants.

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