Le point noir de la reconnaissance au travail persiste

En dix ans, la qualité de vie au travail progresse. Un peu : en 2009, 71 % des salariés attribuaient au moins une note de 6/10 à leur entreprise en la matière. En 2018, ils sont 73 %, révèle la nouvelle édition du baromètre santé et qualité de vie au travail réalisé par Malakoff Médéric.

La stabilité est d'ailleurs l'une des principales caractéristiques de cette nouvelle prise de température. La satisfaction du management, par exemple, est à 51 %, contre 49 % en 2012, lors de sa première mesure. Même chose pour la communication et la compréhension de la stratégie d'entreprise, qui passe de 48 % de satisfaits en 2012 à 50 % en 2018.

Si des changements de pratiques managériales sont à l'œuvre au sein des entreprises et que ces dernières prônent de plus en plus la nécessité de donner du sens à leurs projets, le moins que l'on puisse dire, c'est que les effets sont peu visibles.

Pourtant, des choses bougent. En 2018, 29 % des salariés déclarent avoir connu une réorganisation de leur service ou de leur entreprise. Un chiffre à nouveau en croissance, après une baisse de régime en 2017 (23%) et une oscillation entre 30 et 34 % de 2011 à 2016. Apparemment, les choses ne bougent donc pas dans un sens qui impacterait positivement la qualité de vie au travail.

Présentéisme et crise de l'engagement

Dans la série des critères qui se dégradent, figure notamment la conciliation du travail avec la vie personnelle ou familiale, difficile pour 35 % des répondants, contre 27 % en 2009. La progression est fulgurante du côté des managers, qui sont 44 % à faire état de cette difficulté, contre 31 % en 2009.

Autre point noir : les salariés déclarant faire de la présence pour la présence. Ils étaient 9 % en 2009 et se retrouvent 16 % en 2018, après un pic à 19 % en 2016, convient-il cependant de noter.

« Face à des changements tous azimuts qui viennent bouleverser l’univers professionnel, la qualité de vie au travail reste surtout fragilisée par la crise de l’engagement », notent les auteurs du baromètre à propos de ce phénomène de présentéisme en hausse. Ils remarquent d'ailleurs, dans le même ordre d'idée, que les salariés sont de plus en plus nombreux (29 %) à « avoir envie de prendre un arrêt maladie, même lorsqu’ils ne sont pas malades ». Un chiffre qui progresse de 11 points en 9 ans.

A cette crise de l'engagement, il convient aussi de relier un indicateur qui, lui, ne bouge pas beaucoup non plus, celui de la reconnaissance au travail. Seuls 38 % des salariés estiment ainsi que leur satisfaction de la qualité de vie au travail est due à cette reconnaissance, loin derrière l'ambiance et les relations avec les collègues (49%) et juste en dessous de la rémunération (39%).

De manière générale, 58 % des salariés se sentent reconnus par leur hiérarchie, un taux quasi-stable sur dix ans. Depuis 2012 où il est mesuré, c'est pourtant l'aspect que les salariés classent en tête des priorités d'amélioration presque chaque année (en 2016, il arrivait deuxième). En vain semble-t-il.

NB : Pour consulter l'ensemble des résultats : Baromètre de santé et qualité de vie au travail

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