Le réseau social d'entreprise en mode obligatoire

Un consensus autour du réseau social d'entreprise est peut-être en train de voler en éclats. Son adoption était jusqu'alors encouragée, rarement imposée. Contraindre à collaborer relevait de l'hérésie et était jugé contre-productif. 

La méthode douce a toujours la faveur des entreprises. Elles cherchent à convaincre leurs collaborateurs des bienfaits à rejoindre une plate-forme sociale. Leurs discours se sont affinés au cours du temps. Ils prennent davantage en compte les bénéfices personnels (le fameux What's in it for me) et mettent moins l'accent sur la grande promesse de l'intelligence collective. 

Cette approche a fait ses preuves. Elle a peut-être aussi montré ses limites lorsqu'il s'agit d'embarquer toute l'entreprise. Une direction générale d'un grand compte, qui a pris la décision stratégique de déployer un réseau social d'entreprise, met aujourd'hui la pression sur ses collaborateurs pour qu'ils s'activent en ligne.

Le risque de voir se multiplier des interventions sans réel intérêt est assumé, car il est jugé secondaire au regard du bénéfice escompté, celui de voir les utilisateurs prendre l'habitude de se rendre sur le réseau social pour y partager de l'information et des documents, poser des questions, rechercher des collègues et des expertises...

Plus facile à petite échelle

Tout n'est pas si simple. Une direction d'un autre grand compte avait opté pour une approche dirigiste. Les objectifs individuels imposaient à chacun de se connecter plusieurs fois par mois. Résultat : une multiplication de « likes » dans tous les sens. Le système a été revu et ce sont  principalement les managers qui sont évalués sur leur activité en ligne, à charge pour eux de montrer l'exemple.  

A plus petite échelle, au niveau d'une PME ou d'un département, le passage obligé par le réseau social est sans doute mieux accepté, car l'évaluation colle davantage au métier. Le niveau d'intervention n'est pas mesuré avec des indicateurs aussi basiques que le nombre de connexions, de contributions, de commentaires...

Un éditeur, comptant quelques dizaines de personnes, indique qu'un tiers du bonus annuel de ses employés est lié au partage de l'information sur la plate-forme sociale. On voit aussi des responsables de communautés, de type projet par exemple, imposer le recours au réseau social pour tous les échanges, même si l'entreprise n'impose rien. C'est alors le terrain qui dicte sa loi. 

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