Le télétravail plébiscité mais en majorité sauvage

En France, 25 % des salariés du secteur privé travaillant dans une entreprirse d'au moins 10 salariés pratiquent le télétravail, 10 % de manière régulière et 15 % occasionnelle. C'est l'un des enseignements d'une étude qui vient d'être rendue publique par Le comptoir MM de la nouvelle entreprise, une structure d'analyse mise en place par l'assureur Malakoff Médéric. Cette enquête croisée a été menée auprès de 1507 salariés et de 401 dirigeants d'entreprises.

Non seulement le télétravail progresse, mais il reste largement plébiscité par ceux qui l'exercent, avec un taux de satisfaction forte chez 58 % d'entre eux. Seuls 9 % y trouvent peu leur compte, ressentant une satisfaction faible.

Si la motivation pour télétravailler reste liée à la vie personnelle, qu'il s'agisse de réduire le temps de trajet domicile-lieu de travail ou d'organiser son temps comme on le souhaite, les bénéfices reconnus par les télétravailleurs sont tant de l'ordre de leur vie personnelle, de leur santé que de leur travail.

Ils sont ainsi 90 % à juger que le télétravail apporte une meilleure responsabilisation-autonomie, 87 % une meilleure efficacité-produtivité, 82 % un engagement accru dans le travail, 78 % un plus grand épanouissement dans leur travail.

Côté entreprises, l'on reconnaît aussi des bénéfices sur le plan de l'engagement (82 %) ou de la responsabilisation-autonomie (80%), mais aussi un gain d'image employeur (68%), une baisse de l'absentéisme (39%), ou encore une optimisation des espaces de bureau (24%).

Un risque d'isolement social fortement perçu

Voilà pour la face rose de l'histoire. Car les auteurs de l'étude pointent aussi plusieurs inconvénients du télétravail. En tête, le risque d'isolement social, cité par 65 % de télétravailleurs. 59 % de ces derniers notent aussi une difficulté accrue pour séparer vie pro et vie privée, 56 % des difficultés techniques plus importantes (informatique, qualité du réseau, etc.), et quand même 55 % des temps de travail quotidiens plus élevés.

Côté entreprise, la perte du lien social arrive aussi en tête des inconvénients, avec un score toutefois moindre que pour les salariés, puisqu'elle est citée par 47 % des dirigeants interrogés. Derrière, ils sont 38 % à évoquer des problèmes à manager à distance.

Mais en dépit des difficultés, le télétravail satisfait ceux qui l'exercent, et il fait aussi envie à une majorité des 75 % de salariés ne le pratiquant pas du tout : 56 % aimeraient ainsi pouvoir en bénéficier. L'aspiration est la plus forte chez les femmes (61%), les cadres (68%) et même les managers (61%).

Les choses peuvent-elles encore beaucoup progresser sur le front du télétravail ? Pas tellement si l'on écoute les 74 % d'entreprises interrogées ne le pratiquant pas. Pour 89 % d'entre elles, leur secteur d'activité ou leur métier ne se prête tout simplement pas au travail à distance. Seules 17 % invoquent aussi le risque de perte de lien social et d'esprit d'équipe et 12 % les difficultés à manager comme raisons de ne pas franchir le pas.

Enfin, côté entreprises proposant le télétravail, il y a une chose qui, elle, ne change pas tellement, c'est le télétravail sauvage. Seuls 6 % des salariés déclarant télétravailler disent le faire de manière officielle et contractualisée. En 2011, un rapport du sénat (voir notre article) évoquait déjà 7 % de télétravailleurs officiels. Depuis, le télétravail progresse, mais sa contractualisation semble rester au point mort.

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