L'année 2012 s'annonce comme celle des bilans et des audits en matière de pratiques 2.0. Les entreprises pionnières ont désormais le recul nécessaire. En outre, les projets menés ayant fait leurs preuves, elles abordent sereinement ce point d'étape sans crainte d'une remise en cause globale.
A défaut de savoir précisément où les mèneront les chemins empruntés, ces sociétés sont aujourd'hui en mesure d'évaluer le trajet parcouru et leur niveau de maturité. Un mot que l'on entendra à coup sûr régulièrement au cours des prochains mois.
L'annonce de RSE Analytics de Lecko est à ce titre symptomatique. Ce service en ligne traduit dans un score social le niveau de maturité d'une communauté en ligne, après analyse des comportements et niveaux d'implication de ses membres.
D'autres intiatives sont en cours, dont une enquête sur la maturité des usages 2.0 qui devrait livrer ses résultats au début de l'année prochaine. Elle permettra également aux entreprises de s'évaluer, voire de se comparer entre elles.
L'année qui vient sera aussi celle de nouveaux défis. La question de la gouvernance, régulièrement reléguée au second plan afin de ne pas freiner les initiatives et la découverte de bonnes pratiques, finit par ressurgir, de même que la question l'urbanisation du système d'information social. Faut-il faire converger les initiatives vers un logiciel unique ou au contraire persévérer dans une démarche moins centralisatrice, se demande un grand compte européen ?
Toutes les entreprises n'en sont pas à ce stade de réflexion, loin s'en faut. De nouvelles s'embarquent seulement dans l'aventure. On aurait pu espérer qu'elles capitalisent sur les bonnes pratiques de leurs devancières, ce qui n'est malheureusement pas toujours le cas.
Les mêmes dérives continuent d'être observées : objectifs stratégiques non définis ou alors non partagés, choix de l'outil fondé sur une grille d'analyse fonctionnelle inopérante...
Si l'aventure 2.0 s'apparente davantage à un long trail en pleine nature qu'à un sprint sur terrain plat, les entreprises qui partent en retard et ratent leur départ risquent d'avoir du mal à rattraper le temps perdu. Il semble qu'ajourd'hui l'entreprise 2.0 fonctionne à 2 vitesses.
C'est vrai entre les entreprises, mais également au sein d'une même organisation. Les derniers témoignages de grandes entreprises en pointe dans l'adoption des réseaux sociaux d'entreprise ont clairement mis en évidence la difficulté d'associer l'ensemble des salariés.
Le principal écueil n'est pas toujours le fait d'un manque d'intérêt ou de motivation des employés. Il s'agit parfois d'un problème plus basique d'équipement informatique. Chez Danone, souvent cité en exemple, 40% des employés ne disposent pas d'un ordinateur.
Lors de la dernière Conférence intranet, centrée sur les réseaux sociaux, les consultants et les entreprises qui témoignaient ont insisté sur l'importance d'associer l'ensemble des salariés. Xavier Aucompte, dirigeant du cabinet de conseil Web Escape Agents, avait conclu la journée en rappelant que « la force de l'entreprise est de travailler ensemble au même niveau ».