Les bons côtés d'une centralisation excessive

« Paris devient-elle la capitale du 2.0 ? » demandait Bjoern Negelmann, l'organisateur d'Enterprise 2.0 Summit, à ses interlocuteurs, Richard Collin et Bertand Duperrin du cabinet de conseil Nextmodernity, à la veille de l'ouverture de l'événement.

La question pouvait sembler un brin provocatrice, elle ne l'est pas. Si la conférence a élu domicile à Paris, ce n'est pas uniquement en raison des charmes de la ville et de ses attraits touristiques, susceptibles de faire venir des participants de toute l'Europe.

Peut-être plus que dans toute autre ville du Vieux continent, le 2.0 y est à l'honneur, comme l'a mis en évidence le nombre de comptes français qui ont témoigné lors d'Entreprise 2.0 Summit. Ceux-ci étaient d'ailleurs déjà bien présents à Francfort fin 2010 lors de la précédente édition.

La concentration de grandes entreprises, d'universités et instituts de recherche en région parisienne  fournit un terrain propice aux échanges et à la maturation des idées. Parmi les protagonistes de l'écosystème, on peut ajouter les organismes étatiques et les investisseurs (les deux se confondant parfois), les éditeurs, les cabinets de conseil... 

L'été dernier, 9 projets web innovants pour l'entreprise, dont les dossiers ont été montés conjointement par des grands comptes et des éditeurs, ont été financés à 50% par l'Etat. Bien sûr, les sommes en jeu sont modestes, mais cette initiative est révélatrice de la proximité entre clients et fournisseurs d'outils 2.0.

Une affaire de proximité

Ce qui démontre que les interactions physiques restent incontournables et la proximité géographique essentielle. Rien de nouveau, direz-vous ! Après tout, le même phénomène a été souvent observé. 

La Silicon Valley étant un des meilleurs exemples dans le monde du logiciel. Les Français qui s'y installent sont toujours ébahis par la concentration de talents et la rapidité avec laquelle ils nouent des contacts et font avancer leurs projets.

L'importance de la dimension physique peut néanmoins surprendre à l'heure où l'on nous vend des solutions logicielles qui permettent d'économiser sur les frais de déplacement et les rencontres en déportant les conversations en ligne. 

Ce qui est vrai au sein d'une entreprise se vérifie également à l'échelle d'un écosystème. Les échanges « on-line » ne se substituent pas aux rencontres mais les prolongent et les enrichissent. Ces derniers sont non seulement indispensables pour installer la sacro sainte confiance préalable à toute collaboration mais également pour réfléchir sur des sujets de rupture.

Le 2.0 en est un. S'il n'est pas question de grand soir, mais plutôt de petits matins, comme le souligne Richard Collin, il n'empêche que la révolution douce qui se prépare devrait modifier durablement le fonctionnement des entreprises et faire émerger de nouveaux modèles.

Transformer l'essai

Le plus dur est sans doute à venir : donner corps aux visions élaborées, généraliser les pratiques en entreprise (elles y viennent en étendant leurs pratiques 2.0 à leurs partenaires via des projets de Social CRM ou d'innovation ouverte) et faire émerger des leaders français dans le domaine du logiciel. 

Les éditeurs nationaux occupent aujourd'hui une place importante sur le marché français des réseaux sociaux d'entreprise. En dépit d'une forte croissance de leurs ventes de licence (60% en 2011 et sans doute le même taux en 2012 selon le cabinet Lecko), ils ont toutefois peu de chances d'occuper un rôle prédominant avec une stratégie individuelle.

Comment peser durabelement sur les orientations d'un marché en ne réalisant que quelques millions d'euros de chiffre d'affaires ? Leur rôle est néanmoins essentiel pour intégrer les spécificités culturelles dans les outils et faire de Paris une place forte du 2.0.

L'intégralité de l'interview vidéo de Richard Collin et Bertrand Duperrin, qui abordent de nombreux points au-delà du rôle de Paris et de la France dans le 2.0, peut être consultée en ligne sur Youtube

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