Les prolongements surprenants d'une plate-forme Open Data

Le retour d'expérience de cette semaine illustre un usage novateur d'une plate-forme destinée à l'origine à rendre public des données. Total a retenu la solution OpenDataSoft pour cartographier les résultats de sa veille économique (voir Total explore les usages de la visualisation de données).

Le groupe pétrolier n'a nulle intention de partager le suivi de l'actualité de ses concurrents avec les internautes. Il recherchait une solution pour mettre en scène l'information et faciliter sa réutilisation par les équipes métiers.

Ce n'est pas le premier grand groupe à avoir choisi la solution de l'éditeur français pour outiller un partage d'informations en interne. SNCF et La Poste l'ont précédé dans cette voie.

Dès sa création en décembre 2011, l'éditeur français avait identifié cet usage. Il aura toutefois fallu attendre plusieurs années avant qu'il se concrétise vraiment.

La dataviz, une première étape

L'ambition d'OpenDataSoft est de rassembler les données, les enrichir, les indexer, les présenter graphiquement, mais également les exposer de manière générique sous forme d'API.

« Nos clients commencent généralement par la Dataviz, observe son président Jean-Marc Lazard, puis ils découvrent de nouveaux usages. »

L'un des derniers prolongements rejoint la gestion de contenu web. La plate-forme sert à alimenter de mini sites web, considérés comme autant d'applications.

Autre exemple, celui de la mise à disposition d'un référentiel de données à un public auquel il est demandé de l'enrichir de mots clés au fil de l'utilisation qu'il en fait. Un bel exemple de Crowd Sourcing.

Un partage moyennant rétribution

De nouveaux usages se font jour également dans la mise à disposition des données hors de l'entreprise avec la mise en place de mécanismes de monétisation.

L'entreprise partage ses données avec son écosystème, moyennant rétribution ou échange réciproque.

De nouvelles relations se mettent en place. Elles court-circuitent des intermédiaires, dont le rôle consistait jusqu'alors à agréger des données issues de différents acteurs d'un même secteur d'activité.

Ces nouveaux champs d'application mettent en œuvre les mêmes ressorts techniques pour partager les données, les faire circuler et faciliter leur réutilisation.

Quelques-uns des principes initiaux de l'Open Data, tel qu'il est utilisé dans une logique de mise à disposition d'un bien public, sont toutefois bousculés. La donnée issue d'organisations privées n'est plus librement accessible, ni librement réutilisable.

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