Les technologies immunisées contre le coronavirus ?

Le Nasdaq 100, l'indice boursier des plus grosses entreprises technologiques américaines, ne connaît pas la crise. Enfin… pas autant que ses homologues à la composition variée sur le plan sectoriel. Au plus fort de la récente chute des bourses, le S&P perdait 35 % depuis le début de l'année et le Dow Jones 38 %, quand le Nasdaq 100 carcolait, lui, à « seulement » - 28 %.

Au sein de ce dernier indice, tout le monde n'est cependant pas logé à la même enseigne. Après avoir perdu 35 %, Facebook perd encore 29 %. Alphabet (ex-Google), lui, est descendu à - 31 %, avant de remonter à - 26 %. A l'opposé, Netflix chutait de seulement 22 % et surnage aujourd'hui à - 9 %. On imagine que le modèle des deux premiers, reposant essentiellement sur la publicité, doit désormais effrayer les investisseurs, avec la perspective d'une forte récession à venir.

Etre une technologique ne protège d'ailleurs pas du pire, comme en atteste l'exemple de OneWeb, un fournisseur d'internet haut débit via des satellites. L'entreprise avait déjà levé la coquette somme de 3,4 milliards de dollars depuis sa création en 2012 et elle comptait sur une nouvelle levée de fonds de 2 milliards pour étendre son réseau de satellites.

Un espoir ruiné par la pandémie. Elle s'est aujourd'hui placée en faillite et pointe, dans un communiqué, la « turbulence des marchés liée à la propagation du Covid-19 ».

Avantage à la collaboration

En ces temps de travail en mode distanciation sociale, les technologiques qui semblent s'en sortir le mieux sont sans conteste celles liées à la collaboration. Microsoft, par exemple, n'a plongé que de 28 % au plus fort du krach boursier, avant de remonter à - 18 %.

Mais le plus impressionnant est Slack. L'éditeur de messagerie d'équipe a fait une chute de 39 % avant de revenir tout simplement à son point de départ, dessinant un V parfait, avant de redescendre un peu vers - 14 %.

Là encore, cependant, proposer une solution facilitant la collaboration à distance n'immunise pas contre les incidences de la pandémie. Le spécialiste de vidéoconférence Zoom Video Communications en fait l'expérience.

Pendant que les autres acteurs technologiques remontaient la pente en bourse, lui s'effondrait de 47 %. En mars, l'entreprise avait pourtant vu son pic d'utilisateurs quotidiens passer de 10 millions à 200 millions, gonflé par l'afflux de travailleurs à distance et d'étudiants, confinement oblige.

Mais c'était avant que le FBI pointe des problèmes de sécurité et de confidentialité sur sa plate-forme. Dans la foulée, certaines entreprises interdisaient à leurs employés de recourir à Zoom, à l'image d'Elon Musk pour sa société Space X, tandis que des utilisateurs poursuivaient en justice l'entreprise pour divulgation illégale de données personnelles…

Jeudi soir dernier, Zoom a annoncé avoir corrigé les failles découvertes dans son application. Dans une lettre aux utilisateurs, le CEO, Eric Yuan, s'est excusé et explique que « Zoom n'a pas été conçu en pensant que, en quelques semaines, chaque personne dans le monde travaillerait, étudierait et se socialiserait soudainement depuis son domicile. »

La nouvelle a réconforté les analystes financiers qui croyaient dans l'avenir de la société. Avant la pandémie, celle-ci était au mieux de sa forme, après avoir annoncé un chiffre d'affaires annuel proche du milliard de dollars, en belle progression de 45 %. Mais pas de quoi modifier la tendance : vendredi, sa valorisation boursière faisait un plongeon de 11 % supplémentaire.

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