L'innovation entre bulle et contrainte de ROI

L'innovation est-elle devenue une immense bulle spéculative qui finira pas exploser comme le fit, en son temps, la bulle internet ?, s'interrogeait récemment un directeur de l'innovation, songeant aux sommes mirobolantes levées par les fonds de placement dans l'innovation ou à l'extrême facilité de certains investisseurs à miser gros sur la première start up (ou presque) venue.

Il y a une façon de marketer l'innovation qui constitue un véritable mensonge, poursuivait un de ses collègues, sur la même longueur d'onde. L'on nous fait croire qu'avec un couteau suisse et un chewing gum, l'on peut inventer des choses incroyables. L'on passe sous silence l'histoire passée, les itérations, voire les entreprises qui ont mis la clé sous la porte et dont l'innovation ne sera valorisée que plus tard, par une autre entreprise...

Tout cela est déraisonnable, opinait un troisième, parfaitement en phase avec les deux autres. Il faut garder le bon sens paysan, défendait-il. Casser les choses pour se donner la chance d'être plus créatif et faire du prototypage rapide, c'est bien. Mais parfois, il faut laisser le temps au temps, et être capable de pérenniser l'entreprise en réalisant à court et moyen terme des produits qui vont évoluer et rapporter suffisamment pour continuer, progresser, opérer une transition harmonieuse avec des produits plus en rupture.

Quand l'innovation participative mixe incrémental et rupture

Concilier l'innovation au quotidien sur un métier en mode amélioration continue et innovation de rupture est en réalité le défi de la majorité des entreprises établies, au premier chef les grands groupes.

« Très souvent, on tape sur la tête des grands groupe en disant qu'ils ne sont pas assez innovants, mais en réalité ils ont un mandat principal qui est de protéger un actif. L'enjeu est donc de savoir comment rester pertinent et protéger un actif tout en étant dynamique », relevait Yann Lechelle, directeur opérationnel de Snips et multi-créateur de start up, lors de l'édition 2017 du Carrefour de l'innovation participative, organisé par l'association Innov'acteurs.

Concilier innovation incrémentale et innovation de rupture, c'est justement la mission que la branche recyclage et valorisation des déchets de Veolia et Orange ont fixé à la nouvelle version de leurs démarches d'innovation participative respectives. Deux initiatives présentées lors du même événement et auxquelles nous consacrons cette semaine un article.

Mais tandis que le monde pur des start up et de l'innovation de rupture s'envole dans sa bulle dopée au cash burning, sur le terrain de l'innovation participative, l'on rêve encore à un monde sans ROI, où l'animation des démarches ne serait pas sacrifiée sur l'autel des contraintes d'économie. « Même en période de tension économique pour l'entreprise, réduire les forces vives qui animent la remontée d'idées serait une erreur », alertait un responsable.

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