Management collaboratif et chefs d'entreprise, une lueur d'espoir

Plutôt proches de leurs équipes, ils souhaitent « instaurer un climat de confiance et de bonne humeur pour renforcer la cohésion d’équipe au risque parfois d’être trop doux ». C'est ainsi que se voient la majorité (51 %) des chefs d'entreprise, selon l'édition 2015 du baromètre Etat d'esprit des chefs d'entreprise réalisé par l'APM (Association progrès management) et Opinion Way.

Côté minorités, trois profils se distinguent. Les charismatiques et mobilisateurs, qui entrainent leurs collaborateurs derrière un projet et une vision mais s'occupent moins du quotidien. Ils sont 18 %.

A égalité, l'on trouve les rigoureux et chefs de file, qui sont directifs et attendent que leurs collaborateurs exécutent leurs consignes au plus près.

Enfin, les petits derniers, 13 % des répondants, se voient plutôt en chef de bande, demandant régulièrement l’avis de leurs managers et équipes dans une logique participative. Au risque parfois de trop déléguer et ne pas prendre les décisions…

De ces résultats, l'on peut donc conclure à bon droit que qui dit chef d'entreprise ne dit généralement pas petit chef. D'ailleurs, pour la majorité (44%), la qualité première d'un chef d'entreprise est l'écoute, le sens du dialogue et la diplomatie. L'autorité ne vient qu'en fin de liste, nécessaire pour seulement 5 % des interrogés, même si 13 % estiment qu'ils n'en font pas assez preuve.

Velléités de reconnaissance

Enseignement intéressant, ils sont 21 % à juger que les nouvelles pratiques managériales (travail collaboratif, management horizontal, mode projet…) constituent une opportunité pour l'avenir de leur entreprise.

C'est peu, direz-vous ? Globalement, certes. Mais le diable est dans les détails. Ce taux monte ainsi à 46 % pour les entreprises de plus de 500 salariés et à 40 % pour celles ayant entre 250 et 499 salariés. C'est nettement mieux, et sans doute plus logique, la collaboration étant souvent (pas toujours) plus spontanément et facilement développée dans de petites organisations, mais aussi plus nécessaires dans les grandes.

En revanche, plus étonnant, ils ne sont que 18 % à juger que leur entreprise devrait progresser sur ce terrain. Un écart pas énorme avec le résultat global précédent, mais qui prend de l'ampleur dans le détail : ils ne sont ainsi plus que 30 % à l'estimer pour les entreprises de plus de 500 salariés et 35 % pour celles entre 250 et 499 salariés.

Et quand on les interroge sur le besoin de faire évoluer leur stratégie managériale, seuls 33 % des chefs d'entreprise l'estiment nécessaire. Et seulement 17 % indiquent de manière spontanée que cela passe par un management plus collaboratif et plus d'autonomie des équipes.

Mais la bonne nouvelle, c'est que cette dernière réponse arrive désormais en deuxième position, derrière la formation des salariés et l'accompagnement des managers (21%), contre la quatrième dans l'édition 2014 du baromètre, où la mise en place d'une méthode de travail plus collaborative n'était d'ailleurs une piste d'évolution que pour 10 % des chefs d'entreprise.

Et ils sont également plus nombreux à juger que favoriser un management plus collaboratif constitue un des enjeux les plus importants en termes de performance, à 30 % contre 24 % en 2014. Un taux qui monte à 54 % dans les entreprises de plus de 500 salariés et à 44 % dans celles de 250 à 499.

Reste une interrogation derrière cette lueur d'espoir : comment expliquer l'écart entre ceux reconnaissant les vertus du management collaboratif et le faible taux de ceux jugeant nécessaire de faire évoluer leur stratégie managériale dans cette direction ?

Les autres s'imagineraient-ils être déjà arrivés à bon port ?

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