Menace sur le collaboratif

Comment motiver les collaborateurs à participer ? Comment impliquer le management ? Quelles règles de gouvernance mettre en place ?... Les questions se bousculaient, la semaine dernière, lors des ateliers du salon Solutions Intranet & Collaboratif-RSE qui se tenait à Paris.

Des questions posées sur un ton parfois décidé, parfois d'appel à l'aide, ou le regard perdu. Il est vrai qu'il s'agit de questions importantes. Mais dans cette époque où le collaboratif est dans toutes les bouches, l'on aimerait sincèrement que ce soit les plus difficiles.

Car, dans la série des problématiques de déploiement de solutions collaboratives, l'on commence à voir de bien curieuses choses, fort peu collaboratives justement.

Un mouvement de centralisation semble en effet s'esquisser au sein de certaines entreprises, parfois sous prétexte de rationalisation. Résultat, toute solution déployée ici ou là et ressemblant de trop à un réseau social d'entreprise est menacée purement et simplement de passer à la trappe au profit d'une plate-forme unique imposée.

Menacer de tuer des démarches existantes, voilà une bien curieuse méthode pour développer les pratiques collaboratives en entreprise. Et quand on imagine que les personnes à la manœuvre doivent fleurir leurs discours de notions comme transversalité, partage ou même agilité, il y a de quoi être plutôt écœuré.

En la matière, certains précurseurs sont du reste déjà passé du stade de la menace à celui de la mise à mort. C'est par exemple le cas dans une grande entreprise où avait pourtant été développée une très belle démarche collaborative. Du jour au lendemain, ou presque, plus rien.

Quand on sait le temps, l'énergie, l'intelligence, l'espoir, qu'il faut pour faire naître, croître et vivre ce type de démarche, il y a de quoi ne pas y croire, rêver que l'on est dans un cauchemar.

Ironie de l'histoire, il semble que les centralisateurs viennent eux-mêmes d'être désintégrés, victimes sans doute de leur incapacité à rassembler après avoir dévasté. Une belle défaite pour l'entreprise. Mais une bien maigre consolation en vérité.

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