Méthodes agiles : peut mieux faire

Quand on y a goûté, l'on ne veut plus revenir en arrière. Seules 2 % des organisations ayant adopté une méthode agile souhaiteraient revenir à leur méthode initiale, en V ou en cascade.

C'est l'un des constats d'une « étude sur les défis humains et organisationnels de la transformation agile ». Elle a été menée par la communauté Scrum League à travers 1000 interviews, notamment de membres d'équipes agiles et de managers.

Les organisations interrogées déclarant à 95 % pratiquer l'agile, l'étude fournit des enseignements intéressants sur la mise en place de ce type de méthodes de développement de produits ou services.

En termes de maturité, d'abord, l'agilité est encore loin de concerner toutes les équipes. Sur ces 95 % d'organisations pratiquantes, seules une part de 24 % déclare que toutes leurs équipes travaillent de cette manière. Dans la majorité des cas, 48 %, les méthodes agiles ne concernent que la moitié des équipes. La part de 23 % restante, elle, est en phase embryonnaire.

Conséquence sans doute, en partie, de cette situation, la méthode Scrum continue de dominer. 62 % des organisations interrogées la pratiquent et le taux monte à 82 % quand on intègre les méthodes mixtes (Scrum-Extreme Programming, Scrum-Kanban).

En revanche, la méthode Safe, destinée à effectuer le passage de l'agilité à l'échelle de l'entreprise, n'est utilisée que par 31 % des organisations interrogées. Et dans 55 % des cas, seuls les deux premiers niveaux de la méthode le sont : celui concernant les équipes et leurs projets, généralement basé sur Scrum, et le deuxième niveau, Programme, destiné à gérer des projets multi-équipes ou, par exemple, des groupes de projets utilisant des composants logiciels communs.

Une agilité DSI-centric

Si le niveau de maturité apparaît perfectible, l'état des lieux nécessite aussi d'être relativisé. Ainsi, 89 % des interrogés observent que l'agilité se réduit dans leur organisation au périmètre de la DSI et que l'intégration des autres services reste insuffisante.

Les coachs agiles, chargés d'accompagner l'assimilation des méthodes agiles par les équipes, dressent quant à eux un tableau plus noir : 49 % des organisations échoueraient à utiliser les méthodes agiles, disent-ils.

Parmi les freins à la mise en œuvre de l'agilité, l'ensemble des interrogés pointent à 83 % l'absence d'une feuille de route claire de la transformation, mais aussi, pour 69 %, le comportement ambivalent de la hiérarchie, promouvant la posture agile chez les collaborateurs mais ne l'appliquant pas dans ses propres relations.

Pourtant, les top managers interrogés sont 91 % à penser que la promotion des valeurs agiles (responsabilisation, collaboration avec le client) facilite les pratiques managériales.

Et, de leur côté, les managers intermédiaires apparaissent réceptifs à la décentralisation hiérarchique induite par l'agile, bien que 85 % d'entre eux expriment des craintes quant au dosage entre autonomie et contrôle et que 70 % estiment la gouvernance pyramidale incontournable.

Quant aux membres d'équipes agiles, 29 % pointent le stress lié aux cycles courts débouchant sur des livrables et 18 % le sentiment d'incertitude ou d'instabilité lié aux changements d'objectifs fréquents.

Mais la très grande majorité ne souhaiterait donc pas revenir en arrière et voit dans l'agilité notamment une source de motivation. C'est ce que déclarent 85 % des moins de 30 ans et 81 % des 30-40 ans. Les plus de 45 ans sont davantage réservés, mais tout de même 51 % à partager ce constat.

Pour consulter l'étude : Agilité, du paradigme aux paradoxes

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