Moteur de recherche social : plus raffiné qu'il n'y paraît

On ne choisit pas un réseau social d'entreprise (RSE) pour la qualité de son moteur de recherche. Les critères de sélection portent en priorité sur la simplicité et l'ergonomie, la gestion documentaire, l'évolutivité, l'interopérabilité avec le système d'information...

En revanche, le moteur figure régulièrement en tête de liste à l'heure des premiers bilans d'étape. Que les utilisateurs peinent à retrouver les contenus qui ont été publiés et immanquablement son manque de pertinence est dénoncé. 

Ce qui n'est guère surprenant après tout, car les sujets qui fâchent font davantage réagir que les autres. Plus inhabituel, on constate qu'un moteur bien réglé - nombre de RSE s'appuient en fait sur les mêmes briques Open Source Lucene/SolR - est une source de satisfaction revendiquée. 

Ce qui traduit l'importance de la fonction de recherche dans un réseau social, l'un des 3 points d'entrée avec le mur d'activités et les communautés.

Lors de la conférence Search'2012, qui se tenait la semaine dernière, deux éditeurs, Jamespot et Knowings, sont revenus sur les évolutions des moteurs embarqués dans leurs plates-formes sociales et les défis qui sont posés.

Les actions sociales sont intégrées dans le calcul de pertinence 

La diversité des objets à indexer est une première particularité : fiches profil, articles, fichiers associés, événements d'un calendrier, tâches, formulaires spécifiques... 

D'autres plates-formes collaboratives le font déjà et, grâce aux facettes, cette richesse est domptée lors de la phase de recherche. Ces facettes, qui sont également générées par les mots clés qu'ajoutent les utilisateurs aux contributions, fournissent le contexte pour orienter les recherches. 

Plus originale est la capacité du réseau social à générer des facettes à partir des actions effectuées par l'utilisateur : commentaires, approbation d'une publication, recommandation... voire celles qui ont été définies spécifiquement par l'entreprise comme le propose Jamespot.pro dans sa dernière version.

Ces actions sociales rentrent également dans le calcul de pertinence des résultats à une requête. On est au-delà du comptage d’occurrence de mots clés, pondéré par leur position (titre, corps du texte ou tags). 

Des règles supplémentaires sont mêmes ajoutées pour ne pas faire remonter uniquement des documents en tête des listes de réponses. « On pratique la mixité sociale », s'amuse Alain Garnier, PDG de Jamespot.

Le casse-tête de la gestion des droits

Knowings a, pour sa part, insisté sur les défis auquel sont confrontés les moteurs des plates-formes sociales. L'explosion du volume d'informations en est un. « Certaines de nos communautés comptent plus de 1 milliard d'entités », souligne Patrick Michels, PDG de Knowings. 

L'éditeur a d'ailleurs refondu son architecture en début d'année pour répondre à l'augmentation de la  volumétrie de documents et à une gestion des droits qui se complexifie au fur et à mesure que le réseau social se déploie et s'ouvre à de nouveaux publics, notamment extérieurs.

A une gestion des droits déjà raffinée s'ajoutent des règles spécifiques voulues par les entreprises : permettre à des fournisseurs participant à une communauté de contribuer sans qu'ils se voient, faire en sorte qu'un utilisateur n'ayant pas de droit dans une communauté ait accès à un document traitant d'un sujet pour lequel il est reconnu comme expert, autoriser la délégation de droits à une tierce personne... 

Chez l'un des plus gros clients de Knowings, sa plate-forme de Social KM stocke 10 millions de documents, y accueille plusieurs centaines d'utilisateurs actifs et gère 1,2 million expressions de droits.

Sans aller jusqu'à une telle complexité, d'ailleurs bien difficile à modéliser, les entreprises manifestent d'autres besoins plus basiques. 

L'une de leurs demandes est de disposer d'une gestion de tags évoluée pour faire du ménage dans les mots clés, établir des relations (dépendance, équivalence) entre eux...  

Rares sont les réseaux sociaux d'entreprise à le proposer aujourd'hui.

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