Nous sommes tous des collaboratifs

C'est une lapalissade, les réseaux sociaux d'entreprise (RSE) ont le vent en poupe. Bien sûr, cela ne se traduit pas encore dans les pourcentages de solutions collaboratives déployées par les entreprises. L'engouement était en tout cas largement perceptible lors du salon Documation 2010, qui s'est tenu mercredi et jeudi derniers. Une tendance suffisamment forte pour que les éditeurs d'autres outils, des wikis aux moteurs de recherche, réfléchissent sérieusement à l'ajout de cette fonction sociale à leurs produits, quand ils n'ont pas déjà franchi le pas.

Le succès d'intérêt des RSE n'est pas usurpé. Comme le soulignait Miguel Membrado dans sa chronique publiée la semaine dernière (Mieux travailler grâce aux wikis), la dimension de production individuelle propre au réseau social facilite son adoption initiale. Or c'est bien cette facilité d'adoption initiale qui peut faire espérer que le RSE constitue la meilleure porte d'entrée vers le collaboratif. De belles histoires comme celles de Lyonnaise des Eaux ou de Sogeti, que nous avons relatées dans notre rubrique Retours d'expérience, incitent en tout cas à le penser.

Certes, il ne s'agit que d'un point d'entrée. Et au-delà, il faut bien l'avouer, toutes les problématiques du collaboratif restent posées : participation, management... Mais on a le sentiment d'avancer. Concrètement. Ce qui n'était pas toujours le cas en parcourant les allées de Documation, où pourtant tout le monde vous expliquait proposer des solutions collaboratives. Je n'ai rien contre les spécialistes de la gestion documentaire, de l'ECM, de l'archivage, etc. Et je sais bien que le terme de collaboratif est à la mode. Mais bon... Si permettre le partage de documents est essentiel, c'est un peu léger sur le plan collaboratif, non ?

Pour en revenir aux RSE, toujours lors de Documation, un éditeur me confiait que les projets en cours concernaient surtout des entreprises privées. En effet, à l'exception des collectivités, le secteur public serait selon lui beaucoup plus réticent, notamment dans le monde de l'éducation. La situation est amusante. Alors que dans le privé, une fois déployé un RSE, la problématique reste de libérer la parole des collaborateurs, dans le public, la question serait de savoir s'il faut mettre un tel moyen à la portée d'une parole déjà libérée, pour ne pas dire souvent critique. Finalement, peut-être le réseau social est-il justement un peu trop social pour constituer la bonne porte d'entrée au collaboratif. Et qu'il vaut parfois mieux une bonne veille solution de partage documentaire...

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