PME et TPE, une transformation numérique graduelle ?

La communication et l'amélioration des processus internes sont les deux grands axes de transformation numérique dans les PME et TPE, révèle une étude de l'Apec qui s'appuie sur 32 entretiens de décisionnaires et 10 d'organismes spécialisés dans l'accompagnement, ainsi que sur une enquête menée auprès de 4000 cadres.

En matière de communication, les chantiers engagés portent sur la mise en place de sites internet et sur l'adoption des réseaux sociaux. Côté sites, l'Apec note que les PME et TPE françaises souffrent d'un retard par rapport à leurs homologues de l'Union européenne.

En France, 2 PME sur 3 disposent ainsi d’un site Internet, alors que, dans le reste de l’Union européenne, c'est 3 PME sur 4. Le décalage vaut aussi par rapport à la maturité des consommateurs français, souligne l'étude. En France, 7 consommateurs sur 10 achètent et paient en ligne, alors que seule 1 PME sur 8 fait usage de solutions de vente en ligne.

L'amélioration des processus, elle, passe surtout par des chantiers d'informatisation, avec le déploiement d'ERP ou de CRM notamment. « Ces projets s’inscrivent majoritairement dans une chaîne de transformations, suivant une logique d’adaptation. L’objectif recherché est d’améliorer l’existant, de faciliter le travail des salariés ou de professionnaliser certains processus », indique l'étude.

Rencontre du troisième type

Enfin, un troisième axe de transformation numérique se rencontre, où le projet est de nature à impacter l'organisation du travail dans l'entreprise, mais il est largement minoritaire. Les PME sont ici davantage concernées que les TPE, en partie pour des raisons de moyens humains et financiers. Et le secteur de l'entreprise est aussi déterminant.

« Dans certains secteurs, l’enjeu peut être vital pour les entreprises, notamment pour répondre aux nouveaux usages ou comportements de leurs clients, explique l'étude. Cela nécessite de repenser les services proposés, et par conséquent l’organisation du travail au sein de l’entreprise, avec souvent un impact non négligeable sur les métiers. » Sont notamment concernés le médical, l'hôtellerie, les services.

Reste à savoir dans quels cas l'on peut réellement parler de transformation. Les auteurs de l'étude ne semblent pas vraiment trancher. Ils estiment que seuls les projets du troisième axe sont suffisamment importants en termes d'effet sur le fonctionnement de l'entreprise pour que l'on puisse parler de transformation.

Mais ils expliquent aussi que les petits projets de faible envergure des deux premiers axes mis bout à bout peuvent « constituer pour l’entreprise une transformation numérique dont les effets sont significatifs pour les collaborateurs et les collaboratrices. » Ici, la transformation se ferait donc, mais dans une approche modeste et graduelle.

En plein débats sur la différence entre modernisation et transformation, voilà qui s'appelle contenter tout le monde. Ou peut-être personne.

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