Professions juridiques : les choses bougent !

Les cabinets d'avocats devraient s'intéresser aux outils de co-création en ligne ! Ce n'est pas un éditeur de logiciels qui le conseille, mais l'un de leurs clients, directeur juridique au sein d'un grand compte. Il intervenait la semaine dernière lors d'un atelier de l'Adij (Association pour le développement de l'informatique juridique) consacré aux réseaux sociaux et aux communautés de pratique.

Les juristes en entreprise ont besoin d'entretenir des liens plus étroits avec leurs partenaires avocats et de gagner en réactivité. Ce que ne permet pas la messagerie électronique. Consolider de multiples interventions sur des documents envoyés par pièce jointe avec des courriers électroniques est une opération longue, fastidieuse et, c'est sans doute le point le plus critique pour cette profession, source d'erreurs.

Si ce directeur juridique se montre aussi volontaire, c'est aussi parce qu'il a pu mesurer les bénéfices au quotidien d'un réseau social d'entreprise pour échanger avec son équipe dispersée géographiquement ainsi qu'avec les autres services juridiques de son entreprise.

L'Adij s'intéresse depuis 2 ans aux réseaux sociaux

Les juristes ne découvrent pas les enjeux des réseaux sociaux dans le monde du travail. « Ce thème a été abordé pour la première fois à l'Adij il y a deux ans, alors qu'à l'époque il intéressait surtout la société civile », rappelle la consultante Nicole Turbé-Suetens. Des compétences pointues ont été développées par les avocats autour des questions de responsabilités et de risques, tant du côté du salarié que de celui de l'employeur.

Précurseur dans l'identification des problèmes soulevés, la profession ne s'est toutefois pas emparée de ces nouveux outils de travail pour ses propres besoins. Plus consciente que d'autres des enjeux juridiques, elle est aussi mieux armée pour y faire face. Par exemple, en n'oubliant pas d'attacher la charte informatique au règlement intérieur.

La séance de questions/réponses lors de l'atelier a néanmoins fait remonter les craintes récurrentes associées aux outils collaboratifs en mode Cloud. Quid de la sécurité et de la confidentialité des informations échangées sur les réseaux sociaux ou sur des plates-formes comme Google Apps ?

Les outils changent, pas les interrogations

Ces questions sont les mêmes que celles qui se posaient il y a dix ou quinze ans avec l'arrivée des messageries électroniques en entreprise. Les nouvelles plates-formes offrent un niveau de sécurité supérieur à ce que propose l'e-mail et la centralisation des documents favorise le contrôle et la traçabilité. A ces réponses d'ordre technique s'ajoutent des garanties contractuelles avec les éditeurs/hébergeurs.

Alors tout change et rien ne change en termes de craintes ? Pas tout à fait, car les questions autour de la sécurité ont occulté un point essentiel qui semble, lui, bien acquis : l'intérêt des réseaux sociaux et plus globalement des outils collaboratifs. Ce fut d'ailleurs autour de la dimension d'efficacité, individuelle et collective, qu'a argumenté Miguel Membrado, dirigeant de Kimind, lors de l'atelier. 

Une nouvelle génération de services de recherche

Dans un autre registre, mais toujours à destination des cabinets d'avocats, nous vous présentons cette semaine dans Collaboratif-info un service en ligne innovant bâti avec des technologies sémantiques.

L'application Jurisprudence chiffrée préfigure ce que pourraient être les prochaines interfaces d'accès aux fonds documentaires. Elle permet aussi bien une interrogation chirurgicale ciblée sur des critères pointus qu'une navigation par similarité.

Comme les outils collaboratifs, ceux liés au sémantique ont mis du temps pour gagner en maturité. Certes, ils sont encore peu répandus et restent coûteux et perfectibles, mais ils sont là et bien opérationnels.

Promo Newsletter