Projets collaboratifs : pas de place pour les opposants !

Les projets collaboratifs, c’est d’abord une histoire de minorité active. Ce constat fait par un responsable de la direction de l’innovation de La Poste, dont nous présentons le retour d’expérience cette semaine, peut paraître un brin désabusé mais est lucide. Tous ceux qui s’y frottent en sont conscients et cela ne les empêche pas d’aller de l’avant.

La question plus épineuse est de savoir quelle posture adopter face aux opposants. On ne parle pas ici des sceptiques, mais de ceux qui pour des raisons personnelles n’ont aucun intérêt à voir se mettre en place des logiques de travail collaboratives. Ceux qui privilégient les relations individualistes au collectif, et continuent de voir dans la rétention d’information une source de pouvoir.

En la matière, le carton rouge pourrait être décerné aux personnes bien contentes de venir faire leur marché sur les plates-formes collaboratives ou d'échanges, mais qui ne font pas profiter les autres de leurs propres travaux, plus soucieuses d’en réserver la teneur à leur direction. Carton rouge qu’elles ne récolteront d'ailleurs pas, puisque la majorité des directions ne trouveront rien à y redire.

Donner envie aux indécis et favoriser les minorités actives

Tous ceux qui ont l’habitude des joutes oratoires et des débats vous diront que la règle la plus importante n’est pas de convaincre ses contradicteurs mais de faire adhérer l’auditoire. La logique est la même dans les projets collaboratifs, où il faut savoir rallier les indécis par la force de la conviction. Comme le résume en quelques mots l’animatrice du projet de La Poste : « C’est à nous de donner envie. »

Reste que dans une position minoritaire, même une position gagnée reste fragile. Comme nous le confiait récemment la responsable communication de la branche assurance des Caisses d’Epargne : « Un seul échec peut donner prise au scepticisme et impacter l’ensemble des projets. »

De ces expériences vécues, ceux qui veulent mener à bien un projet collaboratif pourraient tirer trois conseils : d'abord de concentrer tous leurs efforts sur les collaborateurs qui peuvent se rallier au projet, ensuite de ne pas perdre leur temps avec les opposants et, surtout, de leur laisser le moins d’espace possible pour exister.

Et même dans une organisation très hiérarchique et structurée, il faut voir le bon côté des choses. Comme le conclut le responsable de La Poste : « Il faut se dire que si la démarche implique des minorités actives qui font du transverse, veulent coopérer, et que cela les aide à faire changer les choses, c’est déjà un très gros apport. »

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