Quand les RH ont un usage pointu des réseaux sociaux

Récemment, un responsable RH d'un grand compte me confiait un cas pratique d'utilisation du réseau social de son entreprise : le remplacement d'un employé qui quitte la société. En théorie, la fiche de poste fournit toutes les informations nécessaires pour caractériser son rôle et lui trouver un successeur.

S'en tenir à ces seuls éléments suppose une adéquation entre la description du poste et les rôles que remplit effectivement le salarié. Il n'est pas sûr que cela soit la règle. En tout cas, les distorsions sont multiples, comme chacun peut le vérifier au quotidien. 

La solution trouvée par le responsable RH consiste à parcourir le graphe social. Il obtient une vision plus précise et, surtout, plus juste du rôle joué par l'employé en analysant les interactions avec ses collègues. 

Et c'est ainsi qu'il découvre que le partant constitue un rouage essentiel dans la circulation de l'information. Bien que sa définition de poste soit la même que celle de trois autres membres de l'équipe marketing, il est l'interface privilégiée des équipes commerciales et techniques. 

Le profil de son remplaçant devra intégrer cette dimension comportementale et une appétence pour la technique, à moins d'opérer une redistribution des rôles au sein de l'équipe. 

Dans une tribune publiée en novembre 2012 sur Collaboratif-info, Alain Garnier, dirigeant de l'éditeur de Jamespot, mettait en évidence le rôle du réseau social pour révéler la véritable organisation d'une entreprise. 

Le recrutement est l'une des applications de l'analyse du graphe social. Ce n'est bien entendu pas le seul domaine d'application. Un Knowledge Manager d'un autre grand compte s'y intéresse également pour suivre les flux d'informations entre les personnes.

Une double limite

L'exercice pâtit toutefois d'un manque d'outillage. Le responsable RH du grand compte parcourt le graphe social à la main. Un logiciel affichant des vues sélectives, pour révéler l'intensité des relations entre une personne et celles d'autres services par exemple, lui serait utile. 

L'autre limite concerne le niveau d'adoption du réseau social. Tant que celui-ci n'est pas utilisé de manière massive et intensive, le verdict qu'il livre est tronqué. L'analyse des échanges par messagerie est un moyen complémentaire. Il existe déjà des outils qui le font. Ils pourraient être utiles au réseau social, par exemple lors de la constitution de groupes. 

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