Réseau social d’entreprise : rétro-pédalage chez Gartner

Branle-bas de combat ! Dans une récente étude sur les réseaux sociaux d'entreprise (RSE) sous-titrée « Déployez et priez », le cabinet Gartner annonce que seuls 10 % des projets menés par les 1000 entreprises étudiées peuvent être considérés comme des réussites en matière de collaboration sociale.

Pourquoi les autres cas sont-ils des échecs ? En raison de l'absence d'objectif clairement métier, nous explique l'analyste du Gartner à la manœuvre, Anthony Bradley, les entreprises concernées se contentant justement de déployer l'outil puis de prier que quelque chose de bon va naturellement en sortir.

Pour être franc, je trouve que le cabinet Gartner a vraiment une bonne étoile, car pour notre part, à Collaboratif-info, nous n'avons jamais eu la chance de tomber sur un projet de réseau social d'entreprise en mode Déployez et priez.

Quant à la question des objectifs métier, c'est décidément devenu la tarte à la crème des méthodologies de déploiement de RSE. Et nombreux sont d'ailleurs ceux à la brandir comme une sacro-sainte formule magique de bon sens. Quand ils ne tentent pas de lui donner davantage encore d'importance en réécrivant carrément l'histoire des projets de RSE ou en travestissant la réalité. Mais passons...

Fini le changement des pratiques managériales ?

L'étude du Gartner a en tout cas suscité des réactions, notamment en France. Je n'y reviendrai pas ici, mais à titre d'exemple vous pouvez consulter celle d'Arnaud Rayrole (Réseau social d’entreprise : Où chercher les réussites ?) ou bien celle de Yann Gouvernnec (RSE : pourquoi la collaboration en entreprise échoue et 11 critères de succès).

Ce qui m'a le plus étonné, pour ma part, c'est davantage l'écart entre l'argumentation autour des objectifs métier présente ici et celle sur laquelle reposaient les prévisions du même cabinet en début d'année, prévisions que j'évoquais .

A l'époque, l'analyste Carol Rozwell annonçait que, d'ici à 2015, 80 % des projets de réseau social d'entreprise (RSE) n'apporteraient pas les bénéfices escomptés en raison d'une démarche managériale inappropriée et du primat donné à la technologie.

Pour Carol Rozwell, se contenter de sponsoriser un projet de RSE, comme c'est souvent le cas, n'était notamment pas suffisant. Il fallait au contraire dès le démarrage du projet que les dirigeants assument les changements organisationnels nécessaires, et que les managers démontrent « par leurs pratiques qu'ils défendent le principe d'un mode de travail transparent et plus ouvert ».

Autant dire que, en comparaison, la nouvelle argumentation autour des objectifs métier fait au mieux pâle figure, au pire quelque peu naïve. Et que le Gartner accomplit du même coup une drôle de marche-arrière. La vision de Carol Rozwell était-elle trop révolutionnaire ?

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