Réseau social d'entreprise : attention à l'abus de contexte

L'actualité produits des réseaux sociaux d'entreprise (RSE) ces derniers mois semble avoir transformé radicalement le paysage fonctionnel de ces outils.

Il y a peu, c'était encore plutôt tranquille. Avec un RSE, on entrait en relation avec les autres, on conversait ensemble. L'on se partageait des liens ou des fichiers. Et s'il y avait des mécanismes pour valoriser un contenu, suggérer une relation de manière plutôt intelligente, c'était pas mal.

Puis est venue l'ère de l'intégration : aux outils bureautiques, aux applications métiers ou encore aux plates-formes web. On peut ainsi aujourd'hui, depuis le RSE, par exemple : travailler sur un document Office comme le propose Yammer, agir sur un processus de Salesforce comme dans la dernière version d'IBM Connections, ou s'insérer dans une application web comme avec Jive 6. Pour ne citer que ces solutions et ces fonctions...

Objectif de cette intégration tous azimuts : étendre les bénéfices de la collaboration sociale au périmètre métier le plus large et faire, ainsi, du RSE un outil au service du travail quotidien.

D'ailleurs, le vieil ennemi, l'e-mail, que l'on était pourtant destiné à remplacer, on l'a finalement intégré lui aussi. De manière pacifique, comme le fait Jive en s'imbriquant dans l'interface de la messagerie et en tolérant que les discussions créées à partir d'un mail puissent se tenir soit dans le RSE soit dans la messagerie. Ou de façon disons plus rationaliste, comme le fait IBM Connections 4, en important le flux de mails sur le réseau social dans une boîte de réception, tout en laissant la messagerie tourner invisible en tâche de fond.

Il est vrai que, côté « ennemis », les pure players des RSE sont aussi aujourd'hui bien servis. Côté éditeurs d'applications métiers, avec Salesforce et son Chatter, Oracle et son Social Network, plus récemment Infor et son SocialSpace, en attendant que SAP finisse de digérer son projet Robus et le rachat de SuccessFactors pour se lancer à son tour. Mais l'on pourrait aussi citer les acteurs des communications, tel Cisco et son WebEx Social, Citrix et Podio... Et puis ces applications qui se sont peu à peu « socialisées », à l'instar des solutions de gestion de projet ou encore celles de gestion des tâches.

Après le mail, la tâche

La gestion des tâches, c'est justement une dimension qu'IBM vient d'ajouter à la version 4 de Connections. Après avoir mené une séance de créativité dans le blog dédié à l'innovation et voté pour la meilleure idée, il suffit d'un clic pour transformer cette dernière en projet, puis de découper celui-ci en tâches que l'on peut répartir entre les différents membres de l'équipe. Une manière de coller là aussi aux besoins du travail quotidien.

Chez Atlassian, la gestion des tâches se fait aussi une belle place dans la nouvelle version de Confluence, avec la possibilité pour l'utilisateur de gérer les tâches qui lui reviennent dans un projet, mais aussi de se créer ses petites tâches à lui tout seul, le tout pour améliorer sa productivité individuelle.

Dans un billet sur le blog de l'éditeur, Matt Hodges, responsable marketing produit de Confluence, n'y va d'ailleurs pas avec le dos de la cuillère pour présenter cette nouveauté : « Nous avons tous un jour ou l'autre essayé une application de gestion de tâches, écrit-il. Au début, l'on est tout excité. L'on pense que l'on va devenir tout d’un coup plus productif. On crée une liste de toutes les tâches à réaliser et que se passe-t-il ? Rien… Comme le mail, ces applications créent un nouveau silo loin de l’endroit où le travail doit être réalisé. Or les tâches ne servent à rien sans contexte. »

L'argument est choc. Mais espérons quand même que l'on se souviendra qu'au-delà du contexte il y a le social. Et que le but du jeu est d'abord de gagner en productivité grâce à lui.

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