Réseau social d'entreprise : du simple à l'inconnu

Savoir rester simple. C'est le conseil que donnait Nicolas Rolland, directeur de la Prospective sociale chez Danone, lors de la matinée organisée récemment par Boostzone Institute et Collaboratif-info sur le thème Convaincre les dirigeants de l'importance du réseau social d'entreprise.

« Chez Danone, expliquait-il, nous avons essayé de faire en sorte que les collaborateurs partagent leurs bonnes pratiques, pour ne pas perdre de temps à réinventer la roue. Pour convaincre la direction, il faut trouver une problématique stratégique, ancrée dans le contexte et la culture de l'entreprise, et surtout pas rédiger une liste à la Prévert : plus simple est le message, mieux il passera », soulignait-il.

Dans les projets de réseaux sociaux d'entreprise (RSE), la simplicité de l'objectif ne répond pourtant pas toujours à la nécessité de délivrer un message simple. Derrière certaines démarches très cadrées, se révèle plutôt la volonté de maîtriser par crainte de plonger dans l'inconnu. Une option très éloignée des RSE spontanément ouverts à l'inventivité des collaborateurs en matière d'usages, à l'image par exemple de celui de la société ASI dont nous relations le projet il y a peu (ASI laisse ses employés définir leurs propres usages du réseau social interne).

On aurait cependant tort de croire que rester simple permet de se prémunir d'affronter l'inconnu. Comme le remarquait encore Nicolas Rolland : « S'il y a un point de départ A connu, il n'y a pas de point B. Du coup, la route est plus difficile à trouver : nous ne savons pas où nous allons, mais nous y allons. Ce qui est fondamental, c'est la direction, le chemin. »

Un point de vue que partageait en partie, lors du même événement, Pascale Leclercq, la directrice de la Planification Stratégique de MMA, en insistant sur la nécessité de pratiquer pour apprendre. Ou encore Anthony Poncier, directeur consultant chez Lecko (ex-Useo) : « Je vois le point A, je devine le point B, mais l'important c'est le chemin : comment nous allons tous apprendre à avancer, et en avançant ensemble, faire que les peurs ou les craintes tombent d'elles-mêmes », disait-il.

De fait, même dans des projets de RSE qui, ne serait-ce que par choix méthodologique, se focalisent sur un ou deux objectifs, l'inconnu est à chaque tournant. C'est, par exemple, une équipe métier choisie pour un pilote en raison de son rayonnement dans l'entreprise et de sa proximité avec l'outil mais qui ne se prête finalement pas au jeu. Des communautés prédéfinies dont les thèmes semblaient a priori pertinents et qui pourtant restent désespérément sans vie.

Des situations, parmi d'autres, qui montrent l'importance de rester à l'écoute et ouverts pour être en mesure de s'adapter. Sans ce niveau d'écoute et d'ouverture, une véritable volonté d'apprendre en marchant, tout projet de RSE, aussi simple soit-il sur le plan des objectifs, risque fort d'être moins une entrée inéluctable dans l'inconnu qu'un saut définitif dans le vide.

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