Réseau social d'entreprise, nuages noirs et lueurs d'espoir

Sombre prévision. Selon le cabinet Gartner, dont c'est l'une des nouvelles prédictions dans le domaine de la collaboration sociale, d'ici à 2015, 80 % des projets de réseau social d'entreprise (RSE) n'apporteront pas les bénéfices escomptés.

La cause de cet échec ? Une démarche managériale inappropriée et le primat donné à la technologie. Pour l'analyste Carol Rozwell, les entreprises raisonnent en considérant les projets de RSE comme des déploiements technologiques de type ERP (PGI) ou CRM.

Résultat, elles s'imaginent qu'il suffit de former les utilisateurs et que tout va marcher comme sur des roulettes. Alors que la réussite d'un projet de RSE dépend de la capacité à engager les salariés à utiliser la plate-forme sociale, ceux-ci ne pouvant être, en général, forcés de le faire.

« Les responsables de projet Social Business doivent donc arrêter de se focaliser sur le choix de la technologie à déployer, tranche en premier lieu Carol Rozwell. Ils doivent se concentrer sur la manière dont le RSE peut améliorer le travail des collaborateurs et des managers, en ayant une compréhension fine des relations sociales au travail : savoir comment chacun travaille, avec qui, quels sont ses besoins. »

En second lieu, les dirigeants doivent concevoir une stratégie de Social Business présentant du sens pour l'entreprise et affronter les changements organisationnels de fond dès le début du projet, poursuit Carol Rozwell. « Se contenter de sponsoriser un projet de RSE n'est pas suffisant, insiste-t-elle. Les managers doivent démontrer par leurs pratiques qu'ils défendent le principe d'un mode de travail transparent et plus ouvert. »

Des entreprise françaises de plus en plus volontaires

Que l'on se rassure, en dépit de sa sombre prédiction, le cabinet Gartner estime quand même que la moitié des grandes entreprises auront déployé un RSE en 2016 et que dans 30 % d'entre elles il sera aussi important que le sont aujourd'hui le mail et le téléphone.

Mais côté lueur d'espoir, c'est vers la cinquième et nouvelle édition de l'étude sur les réseaux sociaux d'entreprise du cabinet Lecko, dévoilée hier, que l'on peut se tourner cette semaine. Nous lui consacrons d'ailleurs un article de fond (Entreprise 2.0 : les éditeurs généralistes s'affirment et de nouvelles approches sont mises en œuvre).

L'on y apprend notamment que les entreprises françaises, bien que conscientes que les premières expériences de RSE n'ont pas toujours apporté les bénéfices escomptés, sont loin d'être découragées. Au contraire, elles investissent de plus en plus dans des solutions sociales. Elles l'ont fait davantage que prévu en 2012 et le mouvement devrait encore s'accélérer en 2013.

 

 

Promo Newsletter