Réseau social d'entreprise : participation obligatoire

La contribution sur le réseau social et les autres plates-formes web 2.0 internes va-t-elle devenir la question qui fâche lors de l’entretien de fin d’année ? Dans certaines grandes entreprises françaises, la prise en compte de la participation dans l’évaluation du collaborateur est déjà une réalité, et un expert qui ne fournit pas le niveau de billets ou de commentaires attendus peut faire une croix sur ses perspectives de carrière. Une approche coercitive qui heurte les responsables du réseau social chez Bouygues Telecom, plutôt adeptes de la méthode douce pour rallier les collaborateurs aux projets collaboratifs (lire : Bouygues Telecom active le réseau social sur son intranet).

Les partisans de la contribution imposée, eux, considèrent que c’est la mission d’un travailleur du savoir d’en faire bénéficier l’entreprise. Après tout, font-ils valoir, un chercheur est bien évalué sur le nombre d’articles qu’il produit. Pourquoi en irait-il différemment avec ces nouveaux supports ? L’objectif du 2.0 n’est-il pas de partager l’information plutôt que de la thésauriser dans les têtes et sur les disques durs ?

On peut effectivement considérer qu’une bonne méthode de management est celle qui est adaptée au contexte et que seul le résultat compte. Mais vouloir évaluer sur la base d’objectifs chiffrés, outre la question cruciale du choix des indicateurs à mettre en place, peut apporter son lot d’effets pervers. Qu'est-ce qui guidera l’adhésion à une communauté ? La volonté de rester dans une certaine zone de confort ?...

Il faudra aussi un certain aplomb pour expliquer à des salariés à qui l’on a interdit pendant des années d’accéder à un réseau social, parce que c’était dangereux ou pas très sérieux, que leur avenir se joue maintenant sur le temps qu’ils y passent. La volte-face est brutale, le retour de balancier pourrait l’être aussi.

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