Réseau social d'entreprise : Yammer s'efface, Jamespot s'étend

Les deux mouvements n'ont pas la même ampleur, mais ils sont révélateurs, chacun à leur manière, de tendances qui animent le marché des réseaux sociaux d'entreprise (RSE).

Fin septembre, Microsoft a annoncé la fin de la commercialisation de Yammer en tant que produit indépendant. A partir du mois de janvier prochain, le RSE qu'il s'était offert en 2012 pour 1,2 milliard de dollars ne sera proposé plus qu'au sein de l'offre Office 365 (voir à ce sujet l'article de l'éditeur Yammer Enterprise stand-alone plan to retire by January 2017).

Chez les grands éditeurs, Microsoft mais également IBM, Salesforce, SAP ou Oracle, les fonctions sociales sont considérées comme une commodité et se fondent dans leurs plates-formes collaboratives ou métiers. 

Ces dernières années, Microsoft s'est attaché à rapprocher Yammer des autres composantes d'Office 365. Son RSE se lie de plus en plus étroitement avec les briques bureautiques, de collaboration et de communication, même si le travail d'intégration est encore loin d'être achevé comme le montre notre notre tendance de la semaine, rédigée à partir de l'étude du cabinet Lecko.

C'est un signal totalement différent qu'envoie Jamespot au marché avec l'acquisition de son concurrent Sonetin. Il montre que le RSE, en tant que plate-forme indépendante, conserve tout son intérêt à condition de se démarquer des géants de la collaboration Google et Microsoft, dont les solutions règnent en maître dans les grands comptes.

Se différencier par une adaptation aux besoins métiers

Jamespot cultive sa différence en répondant avec une solution qui vise à équiper des équipes plus réduites, au sein de PME ou d'entités de grands comptes, mais avec des besoins plus affirmés. Sa solution, qui se connecte à Office 365, propose des capacités de paramétrage avancées, un mécanisme de workflow social et un catalogue de modules complémentaires lui permettant d'outiller des usages et des processus métiers.

L'éditeur Sonetin avait pris un chemin différent. Il a misé sur une solution soignée sur le plan ergonomique, épurée fonctionnellement et commercialisée sur un mode Freemium. Créé en 2013 sur la base de plate-forme communautaire Etheryl, alors déployée chez MMA, il n'est pas parvenu à s'imposer sur un marché de plus en plus concurrentiel avec l'arrivée d'acteurs comme Facebook at Work ou Slack.

Avec ce rachat, Jamespot poursuit une dynamique de croissance externe engagée l'année dernière avec la reprise des actifs de Human Connect. Il avait alors gagné deux belles références : la Banque Populaire Atlantique et la Caisse d’Épargne Bretagne-Pays de Loire.

Les clients de Sonetin sont invités à leur tour à migrer vers la plate-forme de Jamespot. Les prochains mois diront s'ils franchissent le pas.

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