Réseaux sociaux : une nouvelle mission pour les RH ?

40 % des salariés britanniques critiquent leur entreprise sur les réseaux sociaux et 20% vont jusqu'à y dénigrer leur patron, selon un sondage réalisé auprès de 1000 d'entre eux par le site d'emploi MyJobGroup.co.uk. Autre chiffre, ils sont
53 % à estimer que ceux qui se livrent à ce type d'acte devraient faire l'objet de sanctions disciplinaires.

Illustration de ce phénomène en France, le récent cas de trois salariés licenciés pour « incitation à la rebellion » et « dénigrement de l'entreprise » suite à des propos tenus sur Facebook à l'encontre de leur hiérarchie, notamment du responsable des ressources humaines, et dénoncés à la direction de l'entreprise par un de leurs « amis » sur le réseau social.

Les licenciements pour avoir critiqué son entreprise ou sa hiérarchie ne sont pas chose nouvelle. En 2008, par exemple, un salarié était licencié pour avoir diffusé un appel à la grève contre les conditions de travail et le nouveau règlement intérieur de sa société via un SMS où il qualifiait son chef de « tyran » et de « dictateur ». Autre cas, en 2009, celui de cette salariée répondant au mail de vœux de sa direction pour la nouvelle année par une liste de critiques sur les conditions de travail. Enfin, exemple plus « prestigieux » en 2006, celui de ce directeur général adjoint licencié pour avoir formulé de « graves remarques sur la stratégie et le fonctionnement » de sa société auprès du président de cette dernière.

La spécificité des réseaux sociaux donne néanmoins à cette problématique une dimension nouvelle. Et c'est à se demander si, de même que les entreprises font appel à des Community Managers pour gérer les conversations de leurs clients sur internet, ne va pas émerger un nouveau métier pour prendre en charge ce qu'y disent les salariés sur leur entreprise.

C'est en tout cas ce que suggère un article de Gartner, publié sur le site ITRmanager, où le cabinet de conseil présente une démarche pour « sensibiliser les salariés à l'utilisation des médias sociaux ». Parmi les 7 étapes proposées, Gartner recommande en effet de surveiller les activités des employés : « Les entreprises n'ont pas besoin d'outils sophistiqués pour surveiller les activités des employés sur les médias sociaux, même s'ils rendront la tâche plus aisée, remarque-t-il. Ce qui est essentiel, c'est d'intégrer la surveillance des médias sociaux aux responsabilités des fonctions officielles de quelqu'un. »

Au passage, le cabinet Gartner va même plus loin : « Encouragez les employés à agir s'ils voient des billets susceptibles de créer des problèmes pour l'entreprise », conseille-t-il.

Tout randonneur sait que la distance la plus courte entre deux points est rarement la ligne droite. Mais il y a des fois où l'on se demande si l'intelligence collective n'est pas pour certains qu'un mirage. Un point qu'ils n'atteindront jamais.

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