Salut, Olivier

Cette semaine, Collaboratif-info est en deuil. Olivier Roberget s'en est allé. Il était l'un de ses co-fondateurs. Je sais que nombre d'entre vous l'ont rencontré, lors d'une interview ou d'un simple échange.

Le collaboratif, c'était son idée, quand nous avons quitté le magazine 01 Informatique pour notre propre projet éditorial en 2009. Il était persuadé que le sujet allait prendre de l'ampleur.

Nous avons vite adhéré. Le collaboratif était un domaine de niche mais si vaste. Il y avait le web 2.0 et ce que l'on commençait à appeler l'entreprise 2.0, avec ses problématiques technologiques, d'usage, de management, d'organisation. Tout un monde. Le terrain rêvé pour que chacun de nous y trouve tout de suite une place.

Je me souviens de ma première interview pour Collaboratif-info. Nous l'avions réalisée tous les deux, chez Lyonnaise des Eaux. Frédéric Charles et Fabrice Poiraud-Lambert venaient d'y déployer un réseau social d'entreprise. A l'époque, voir un journaliste de la presse professionnelle se déplacer devenait rare. Mais en voir débarquer deux de la même revue a dû les surprendre. Surtout pour parler collaboration, une goutte d'eau alors dans le système d'information.

C'est ce qu'aimait Olivier, aller à la rencontre des autres, pour comprendre ce qu'ils faisaient, pourquoi, comment, et le raconter, pour que ça serve à d'autres. C'est ce qui nous rassemblait tous, ce que nous avons voulu faire de Collaboratif-info.

 

J'ai connu Olivier en 1992, il faisait ses débuts de journaliste à L'Ordinateur individuel, où j'étais. Il s'occupait de la rubrique Pratique. Il apprenait au lecteur comment se dépatouiller des outils bureautiques, bases de données et autres logiciels, changer la carte mère de son PC, que sais-je encore…

Puis il a traversé le couloir pour 01, où je l'ai rejoins plus tard. Je suis incapable de dire tous les sujets qu'il connaissait. Les technos web, de stockage, les progiciels… Bien sûr, les outils de collaboration. Les communautés de pratique et les technos sémantiques et analytiques faisaient partie des sujets qui le passionnaient.

Je sais qu'il n'aurait pas aimé que j'en fasse des tonnes sur lui. Il était trop pudique. Parler de lui m'est de toute façon difficile, trop de mots me viennent.

Olivier était une personne fidèle. Fidèle à ses valeurs, aux autres, à ses engagements. Malgré la maladie et les traitements, il restait présent. Il n'écrivait plus, mais son regard restait précieux. Il s'occupait toujours de l'administratif. « C'est ma façon d'apporter ma petite pierre à l'édifice », me disait-il encore récemment.

Tout en se battant contre la maladie, il voulait continuer de vivre. A ses tout proches, il disait qu'il voulait parler des choses gaies, pas des tristes. Et puis, comme toujours, les choses se sont cruellement accélérées.

Vous êtes nombreux à lui avoir rendu hommage sur Linkedin suite aux posts d'Arnaud Rayrole et d'Alain Garnier et je suis heureux pour lui. Tristement heureux. Je pense à sa fille, sa compagne, sa famille, ses amis.

Je pense à toi, Olivier. A tout ce que nous avons partagé, vécu ensemble.
Salut, mon ami. A un de ces jours. Plus loin.

Promo Newsletter