Temps mitigé sur la transformation numérique

13 %, c'est le pourcentage de chefs d'entreprise qui qualifient de stratégique la transformation numérique pour leur entreprise, selon l'Observatoire social de l'entreprise réalisé par Ipsos et publié cette semaine. Si l'on rajoute ceux qui la considèrent comme essentielle, l'on monte à 30 %.

Un résultat que l'on peut rapprocher de celui concernant les chefs d'entreprise qui jugent que la transformation numérique est une opportunité : 31 %.

Pendant ce temps, ils seraient malgré tout 47 % à la considérer comme un simple phénomène de mode. A l'opposé, ils sont quand même 52 % à estimer qu'il s'agit d'une révolution des modalités de fonctionnement de l'entreprise.

Mais pas de quoi rassurer les différents experts qui voient dans la transformation numérique une rupture majeure qui bouleverse tout (économie, organisation, management...) et s'effraient que les entreprises françaises ratent le coche.

Que les salariés soient 52 % à juger la transformation numérique comme stratégique ou essentielle (71 % des cadres, 42 % des ouvriers), ou 42 % (63 % pour les cadres) à y voir une opportunité, ne change pas non plus grand-chose à l'affaire. Mais au moins les experts désespérés pourront-ils s'émerveiller que ces salariés soient plus clairvoyants que leurs patrons.

Une source de bien-être et de stress

Plus clairvoyants ? Peut-être. Mais plus heureux grâce à la transformation numérique ? Pas sûr. Car dans le même temps qu'ils estiment à 50 % que celle-ci a un impact positif sur le bien-être au travail (22 % estiment le contraire), les salariés sont plus réservés sur d'autres chapitres.

Sur la charge de travail, par exemple, 38 % jugent son impact positif alors que 33 % l'estiment négatif. Et le pire concerne le stress, où le rapport s'inverse, 36 % jugeant que le numérique a un impact négatif sur le stress, contre 29 % un impact positif.

Pas de quoi sauter au plafond, donc. Surtout si l'on rajoute dans la balance les constats faits dans une étude intéressante réalisée par la consultante Cecile Demailly sur le management intermédiaire et la transformation numérique (nous revenons sur cette étude dans un article cette semaine, mais vous pouvez aussi en consulter la synthèse ici).

Au menu des points noirs signalés dans cette étude par les managers intermédiaires à propos des effets de la transformation numérique : une surcharge de travail, plus de bureaucratie, toujours plus de reporting, des relations moins humaines entre les collaborateurs et des patrons aux abonnés absents. De quoi attraper sérieusement le bourdon.

Bien sûr, il y a aussi les bons côtés, notamment les gains en termes d'efficacité, sur lesquels tout le monde semble s'accorder. Reste à aller plus loin dans l'unanimité pour sortir de cette ambiance globale un peu trop mitigée.

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