Une histoire d'adoption et d'adaptation

Et si la difficulté d'adoption des réseaux sociaux d'entreprise (RSE) était autant une question d'offre que de demande ? Certes, l'utilisateur est roi et c'est à lui que revient la décision d'adopter ou non la plate-forme mise à disposition par son entreprise.

« On ne peut jouer sur l'injonction paradoxale : soyez collaboratif ! Il faut laisser-faire et accompagner chaque demande en se montrant rassurant », rappelait Frédéric Poulet, directeur de la région Paris Normandie de Pernod à propos du programme 2.0 qu'il a piloté. 

En dépit des efforts d'accompagnement menés par les entreprises, les résultats sont parfois décevants : l'utilisation qui est faite du réseau social n'est pas à la hauteur des espérances. La culture d'entreprise, le poids de la hiérarchie, le manque de temps, la concurrence des outils sont régulièrement dénoncés. 

En revanche, l'inadaptation des RSE est rarement montrée du doigt. Pourtant, ceux-ci ont fait peu d'efforts pour coller aux besoins des utilisateurs. Seuls les plus agiles ou les plus volontaires d'entre eux s'en accommodent. 

Des objets métiers pas si éloignés des listes de Sharepoint

Les choses devraient sans doute changer avec la promesse d'applications sociales qui collent davantage aux besoins métiers des utilisateurs. Deux annonces intervenues cet été s'inscrivent dans cette logique. 

La version Summer 12 SeeMy, un des spécialistes français des RSE, permet de définir des objets métier. Les articles ainsi créés, présentés comme des formulaires, permettent de typer des articles et de gérer des données structurées. On ne parle plus alors d'article, mais de rapport d'étonnement, de fiche client, d'idée d'amélioration...

On n'est finalement pas si loin des listes de Sharepoint, même si la plate-forme de Microsoft n'offre ni la souplesse d'utilisation d'un vrai réseau social ni les mêmes capacités conversationnelles. En revanche, son utilisation métier est bien établie, ce qui fait défaut aujourd'hui à nombre de RSE.

Jamespot, autre spécialiste local, est allé un cran plus loin en proposantdans sa dernière version de personnaliser le graphe social via l'ajout de nouvelles actions. Cette approche ouvre de nouvelles perspectives en termes d'adaptation du réseau aux besoins des utilisateurs et de développement d'applications sociales. 

On attend avec impatience de voir comment les entreprises et les utilisateurs vont s'approprier ces possibilités de personnalisation, gage d'une plus grande utilité et donc adoption. Les deux vont de pair.

« Je dis toujours que le bénéfice d’une innovation ne commence vraiment à se faire sentir que lorsque les gens commencent à l’adapter, pas seulement à l’adopter », affirme Prem Kumar Aparanji, évangéliste pour la société de conseil Cognizant dans le livre blanc « Social Business : de quoi s'agit-il ? ».

 

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