Une transformation numérique en panne de collaboration

La transformation numérique, 95 % des PME et ETI y croient. C'est ce qui ressort de la nouvelle édition du baromètre Croissance & Digital de l'Acsel, l'association pour le commerce et les services en ligne. L'enquête a été menée par Ipsos auprès de 600 dirigeants ou responsables (directeur marketing, CDO…) de PME et ETI.

Mais il y a croire et croire, puisque le baromètre nous indique que pour 25 % des interrogés, la transformation numérique est surtout vue comme un passage obligé, dont le développement dans leur entreprise se fait à reculons.

Pour la grande majorité, 70 %, cependant, elle constitue au contraire une opportunité et fait, par conséquent, l'objet d'une politique volontariste.

Dans le détail, les résultats ne sont pourtant pas aussi réconfortants. Ainsi, seuls 48 % des interrogés déclarent que la stratégie digitale est pilotée par la direction et dispose d'une équipe dédiée.

A l'opposé, dans 45 % des cas, la transformation numérique reste en devenir. Elle n'est pas portée par la direction et souffre d'un manque de moyens humains.

Le numérique opposé au physique

Autre chiffre, peut-être encore moins réconfortant, dans les entreprises disposant d'une équipe dédiée à la transformation numérique, cette dernière ne dispose de relais avec les autres départements de l'entreprise que dans un peu plus de 4 fois sur 10.

Un chiffre en baisse par rapport à 2017, où il dépassait les 5 fois sur 10. Comme si plus la transformation numérique progressait, moins elle se faisait dans la collaboration.

Dans le monde du commerce, qui est le champ d'observation de l'Acsel, ce déficit de collaboration s'illustre aussi dans la dimension directement business et opérationnelle.

Ainsi, 54% des interrogés continuent de percevoir le numérique comme un concurrent de leurs canaux de vente physiques. Et même si 56 % des entreprises considèrent que le numérique constitue un levier pour les ventes en magasins, seulement 42 % ont mis en place une stratégie complémentaire ou intégrée entre le numérique et le physique.

Quant à l'omnicanalité, elle est très loin d'être devenue une priorité. Seuls 36 % des interrogés déclarent ainsi qu'ils la considèrent comme un objectif. Et, deux fois sur trois, elle n'est même pas un objectif prioritaire.

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