Verse, la contre-offensive d'IBM

Il était temps qu'IBM s'intéresse à l'expérience utilisateur et soigne les interfaces de ses logiciels collaboratifs. L'annonce de la sortie en version bêta de Verse (connu jusqu'alors sous son nom de code Next Mail) a réjoui son écosystème.

Les clients et partenaires n'étaient guère gâtés avec la vieillissante solution de travail de groupe Domino/Notes et le touffu réseau social d'entreprise Connections. Indépendamment de toute considération technique ou fonctionnelle, ce dernier avait bien du mal à rivaliser en termes d'ergonomie avec ses concurrents Jive et Yammer, pour citer les deux plus importants.

« Disposer d'un logiciel agréable à utiliser facilite l'adoption », souligne Bertrand Duperrin, directeur au sein du cabinet Nextmodernity.

IBM a mis les moyens. Une nouvelle entité rassemblant un millier de designers a été créée au printemps dernier. Ils interviennent en externe sur les projets de clients et sur les développements internes. Verse a visiblement bénéficié de leurs apports.

Une interface qui fédère Domino, Connections et Sametime

Verse se caractérise par une approche intégrée de la collaboration, centrée autour de la messagerie. « Ce n'est pas nouveau en termes de réflexion, déclare Thomas Gennburg, consultant chez Sogeti. Des initiatives avaient déjà été menées par des éditeurs plus petits, comme Calinda Software. » Le fait qu'un IBM s'empare du sujet change toutefois la donne.

Pour le consultant, ce nouveau logiciel s'inscrit en plein dans les réflexions menées par les entreprises autour de l'intranet social et des environnements numériques de travail (ou Digital Workplace), dans lequel le mail conserve toute sa place.

Certes des passerelles avaient déjà été développées entre Domino, Connections et Sametime (les trois briques sur lesquelles s'appuie Verse), allant même jusqu'à proposer une expérience intégrée avec la possibilité de répondre à un mail directement depuis son flux d'activité de son réseau social.

Mais il fallait disposer des dernières versions des logiciels d'IBM et, de fait, rares sont les entreprises à avoir, ne serait-ce, que testé cette option. Elle présupposait, en outre, que le réseau social devienne l'interface de travail privilégiée. « Aujourd'hui, le centre de gravité du poste de travail reste la messagerie », observe Bertrand Duperrin.

Même si elle ne manque pas d'ambition, l'approche de Verse se veut pragmatique en donnant les moyens aux utilisateurs d'être plus efficace dans le traitement de leurs e-mails.

Les prémices d'un véritable assistant personnel

L'intégration entre les briques en back end se double en frontal d'une interface. Elle câble certains usages (transformer un message pour tous en billet de blog par exemple) et elle embarque un mécanisme de priorisation basé sur l'analyse de l'intensité de ses relations avec ses interlocuteurs et de la nature des messages, à caractère informatif ou nécessitant une action, opérant ainsi un premier tri.

Et demain, quand Watson entrera en jeu, Verse se transformera en véritable assistant de messagerie. Il saura répondre automatiquement à une demande de rendez-vous reçue par mail en proposant différents créneaux après consultation de l'agenda.

En attendant, IBM a des préoccupations plus immédiates, à commencer par endiguer l'offensive de Microsoft et de Google qui draguent avec succès les comptes équipés de Domino. Il compte pour cela sur Verse, solution Cloud qui sera commercialisée au premier trimestre prochain en mode Freemium.

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