Communautés

Les communautés d'Avanade n'ont pas attendu un réseau social pour exister

« Les projets de réseaux sociaux dans des entreprises qui n'ont pas la culture de la collaboration ont peu de chances de rencontrer le succès », estime Olivier Lepeltier, responsable du pôle de compétences collaboration et gestion de l'information d'Avanade.

La joint-venture d'Accenture et de Microsoft bénéficie d'une double expertise sur le sujet. En tant que société de services, elle observe ce qui se passe chez ses clients. En tant que grande entreprise (9 000 collaborateurs), elle pratique elle-même la collaboration, à travers notamment ses nombreuses communautés.

Il en existe de toutes sortes. Certaines, à vocation pratique, sont centrées sur des problématiques professionnelles, qui peuvent être pointues (sur le langage C#, par exemple), tandis que d'autres rassemblent des collaborateurs qui partagent un même centre d'intérêt, sans forcément de liens directs avec l'activité de l'entreprise. C'est le cas de la communauté sur les activités de plein air, à Denver dans le Colorado.

Capture d'écran de la home page de communautés

Les collaborateurs s'abonnent en ligne aux communautés à partir d'un portail qui recense toutes celles qui existent au sein de la société de services.

Ces communautés, dont une petite centaine sont actives en permanence, existent alors que la SSII ne s'est pas encore dotée d'un véritable réseau social. Cela sera prochainement le cas avec Sharepoint 2010, qui remplacera la version 2007 aujourd'hui utilisée par près la moitié des collaborateurs.

En attendant, les membres des communautés communiquent entre eux avec des outils collaboratifs plus traditionnels : espaces de stockage partagés sous Sharepoint, forums, messagerie instantanée et, occasionnellement, vidéoconférence.

Une approche pragmatique au niveau des outils qui figure en tête dans le guide des bonnes pratiques sur les communautés. Une autre société de services, Devoteam, a procédé de la même façon. Elle a d'abord développé ses communautés avant de les outiller avec un réseau social d'entreprise, celui de Jive (Devoteam outille ses pratiques collaboratives avec Jive).

Courriel et messagerie instantanée restent incontournables

« Les collaborateurs appartiennent en moyenne à 5 ou 6 communautés », indique Christophe Caquineau. Son poste de vice-président Europe d'Avanade l'a amené à rejoindre la communauté leadership, mais il est aussi présent dans la communauté commerciale, celle des architectes, celle des responsables de BI et de collaboration, celle qui regroupe les salariés en France...

Filet relance Portrait de Christophe Caquineau

« J'ai des doutes sur le fait que
le réseau social puisse remplacer
l'e-mail, comme le prédit Gartner »

Christophe Caquineau,
Vice-président Europe d'Avanade

Filet

Avec, bien entendu, des niveaux d'implication variables. « Pour le commercial, j'interviens trois à quatre fois par semaine. Idem pour la BI et la collaboration », précise-t-il. Souvent, la réponse à la question posée existe dans les documents mis en commun, mais les consultants préfèrent envoyer un courriel.

C'est souvent plus rapide que d'aller sur le site, s'authentifier et effectuer la recherche. Ce qui fait dire à Christophe Caquineau :« J'ai des doutes sur le fait que le réseau social puisse remplacer l'e-mail, comme le prédit Gartner. »

La messagerie, outil le plus utilisé dans les communautés avec notamment ses listes de diffusion, présente un autre avantage pour les consultants d'Avanade qui travaillent régulièrement dans les locaux de leurs clients. Il est plus facile de s'y connecter qu'au portail de leur entreprise qui impose de passer par un réseau privé virtuel (VPN).

La consultation des documents techniques entreposés dans Sharepoint génère néanmoins de nombreuses requêtes. « On en compte une centaine par jour sur des points d'expertise technique », précise Olivier Lepeltier.

A l'intérieur des communautés, qui peuvent compter plus d'une centaine de membres, se dessine des réseaux parfois très actifs. C'est notamment le cas pour les architectes, une population d'experts qui se connaissent bien pour participer à des forums et des réunions techniques. Ils ont donc tendance à privilégier des moyens de communication interpersonnels, comme la messagerie instantanée.

De nouveaux outils qui ne résoudront pas tout

Comme d'autres entreprises, Avanade adopte les outils du web 2.0. Pour son vice-président Europe, « nous sommes obligés d'apporter des outils collaboratifs de plus en plus évolués, c'est inévitable ». Les jeunes consultants y trouveront sans doute leur compte et gagneront en efficacité.

Pour l'encadrement, ce sera peut-être plus difficile. Les méthodes de travail devront évoluer et ils devront également se dégager des moments pour s'exprimer dans des blogs et enrichir des wikis (déjà mis en place). « Il va falloir trouver le temps », s'inquiète Christophe Caquineau.

Autre écueil plus spécifique aux sociétés de services, le taux de turnover élevé dans le secteur dilue le sentiment d'appartenance à l'entreprise. Est-ce que la mise en place d'outils en interne sera suffisante pour inciter les consultants à cultiver leur réseau d'abord en interne plutôt qu'en dehors de la société sur des réseaux sociaux ouverts comme Facebook ou LinkedIn ? Le rapport à l'entreprise, notamment dans les SSII, est considéré comme éphémère, alors que le réseau extérieur apparaît comme plus pérenne.

Des communautés ancrées dans l'opérationnel

Les communautés n'ont pas vocation à s'emparer de sujets prospectifs ou croisant plusieurs expertises, même si pour résoudre certains problèmes elles sollicitent des ressources de différents services. Elles servent d'abord des objectifs opérationnels. « Les communautés ciblent des thématiques centrales pour l'entreprise », indique Olivier Lepeltier.

Certaines d'entre elles épousent d'ailleurs l'organisation d'Avanade. Localement, dans chaque pays, on retrouve des communautés de gestionnaires de projets. Leurs préoccupations communes portent sur l'avant-vente, l'estimation du coût du projet, la gestion de qualité... D'autres communautés traitent de sujets fonctionnels pointus, regroupent les analystes métier. La dimension transversale de la communauté se fait surtout sentir par son caractère international.

En termes de gouvernance, Avanade prône une liberté maximale. Les collaborateurs y adhèrent selon leur bon vouloir et les contributions ne sont pas modérées. « Il n'y a ni leader ni animateur, précise Olivier Lepeltier. Il n'y a qu'une seule notion, celle de membre. Tout le monde est placé au même niveau et bénéficie des mêmes permissions. » 

Ce qui différencie les communautés d'Avanade
des communautés de pratique
  Communautés d'Avanade Communautés
de pratique

Rôle

 

 

Définition d'objectifs à long terme déconnectés du quotidien

 

Réalisation de livrables

 

Identification d'expertise

Capitalisation du savoir

Gouvernance

 

 

Adhésion volontaire

Fonctionnement à plat sans hiérarchie

Présence d'un leader et d'un animateur dans la communauté

 

Appui d'un sponsor faisant l'interface avec la direction

 

 

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