Collectivités territoriales

Des élus témoignent de leurs pratiques de Facebook et Twitter

C'est dans les locaux de l'Association des Maires de France (AMF), à deux pas de l'Assemblée nationale, que le collectif Paroles d'élus a présenté son septième tome, dont le thème cette année est le 2.0. Pour la première fois, la table ronde organisée à l'occasion de la sortie de cet ouvrage était retransmise en direct sur Facebook.

Au quotidien, les pratiques sont loin d'être aussi développées. Faisant référence à une étude publiée l'année dernière, Jacques Pélissard, président de l'AMF, rappelait que les élus municipaux sont encore peu tournés vers le 2.0. Les communes qui se sont lancées font figure de pionnières.

Le plus souvent, les initiatives 2.0 sont individuelles, le fait d'élus qui ouvrent des comptes personnels sur Twitter et Facebook. Ceux qui ont franchi le pas en mesurent tout l'intérêt. C'est d'abord le moyen d'instaurer un autre type de dialogue moins formel avec les citoyens et de toucher un nouveau public, notamment plus jeune, qui ne lit pas les lettres d'information et n'assiste pas aux réunions publiques.

Etre présent sur les réseaux sociaux, comme sur les marchés

Ces élus récusent l'argument maintes fois entendu : « Je préfère rencontrer les gens en vrai ». Il ne tient pas car les échanges en ligne provoquent aussi des rencontres. Présente sur Facebook et Twitter, Estelle Grelier, présidente de la Communauté de communes de Fécamp, confirme : « Cela ne m'empêche pas d'être sur le terrain ».

Pour David Lisnard, premier adjoint au maire de Cannes, les élus se doivent d'être présents sur les réseaux sociaux comme sur les marchés. Après, le temps qu'ils leur consacrent est fonction de l'importance qu'ils leur accordent.

L'exercice s'avère toutefois chronophage et, à mesure que l'audience se développe, il devient bien difficile de répondre rapidement à toutes les demandes. Une partie d'entre elles, constatent les élus, ne devrait pas transiter par Facebook. Par exemple, celles qui concernent les demandes de rendez-vous, d'emplois, de stages... 

La solution consiste à réorienter les demandes vers les bons canaux. Le type de réponse standard peut, au besoin, être pris en charge par un collaborateur. Ce qui pose la question de la transparence. « Si je n'ai pas rédigé le message, c'est indiqué dans la signature », précise Olivier Dussopt, vice-président de l’Association des petites villes de France. « Déléguer pose problème », estime, pour sa part, Vincent Descoeur, président de l'Association nationale des élus de la montage.

Un changement des codes de communication et de la relation au public 

Plus globalement, les réseaux sociaux modifient les langages et les codes de communication. « Ces services sociaux ne sont pas que de la communication, mais de la mise en relation », faisait remarquer Bruno Janet, directeur des collectivités locales de France Télécom Orange, présent à la table ronde.

Tous les élus ne sont pas prêts à cette évolution. Les raisons peuvent être multiples : méconnaissance des médias sociaux, manque de temps... mais aussi remise en cause d'un statut social.

Au niveau des organisations, ce sont les plus importantes, comme dans le secteur privé, qui se sont emparées en premier des outils 2.0. Fabrice Dalongeville, vice-président de l’Assemblée des communautés de France, faisait remarquer : « Contrairement aux élus de grandes ville, nous en sommes encore à déployer des sites Internet ».

Peut-être certaines communes pourront faire l'économie de cet investissement et basculer directement dans le 2.0. En tout cas, Olivier Dussopt se pose la question du maintien des sites web : « Ils sont moins utilisés. Ils le sont quand les articles sont relayés sur Twitter ».

Tome 7 Paroles d'élus

Liberté, égalité, connectés 2.0, le tome 7 de Paroles d'élus, recense en 150 pages de mutliples exemples d'usages numériques mis en oeuvre dans les collectivités. L'ouvrage sera distribué gratuitement au Salon des Maires qui se tient du 22 au 24 novembre à Paris (Porte de Versailles).

 

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